Par Joan-Lluís Lluis Ecrivain d’expression catalane | Le Monde

Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Joan-Lluis Lluis estime que les anti-indépendantistes devraient comprendre que le référendum reste la meilleure solution pour régler les différends entre Barcelone et Madrid.

A Lleida, une ville moyenne de la Catalogne rurale, des militants collent des affiches pro-indépendantistes malgré les interdits, le 21 septembre. GEORGES BARTOLI / DIVERGENCE POUR LE MONDE

Tribune. La Catalogne vit aujourd’hui des moments troublés, à quelques jours de son référendum sur l’indépendance, que le gouvernement espagnol veut à tout prix empêcher. Or, la situation est intellectuellement très simple et peut se résumer à quelques questions faciles. Existe-t-il un différend sur la question de l’indépendance de la Catalogne entre, d’une part, les institutions catalanes et, d’autre part, les institutions espagnoles ? Bien sûr. Est-il envisageable de résoudre ce différend par un biais qui ne soit pas strictement démocratique ? Bien sûr que non. Y a-t-il un outil de résolution de différends territoriaux plus légitime, plus démocratique, plus pacifique et plus limpide que le référendum ? Bien sûr que non.

« Tous les sondages montrent qu’entre 70 % et 80 % de la population désire s’exprimer par ce biais »

Depuis les trente dernières années ont eu lieu une cinquantaine de référendums d’indépendance dans le monde, parfois à la suite d’un accord entre le territoire susceptible de devenir indépendant et le gouvernement du pays d’origine, parfois de façon unilatérale. Le référendum est donc un outil à la fois banal et approprié, qu’il serait tout à fait légitime d’utiliser en Catalogne, où tous les sondages montrent qu’entre 70 % et 80 % de la population désire s’exprimer par ce biais.

 

 

 

 

SOURCE