Mélanie Marquis | La Presse

 

Le Bloc québécois espère faire sortir le gouvernement fédéral de son silence en tentant de déposer lundi après-midi en Chambre une motion pour condamner la «répression violente» du gouvernement espagnol.

Catalogne: le Bloc veut que le Parlement dénonce, Trudeau muet

Le premier ministre Justin Trudeau et sa diplomate en chef, Chrystia Freeland, sont demeurés muets sur la situation en Catalogne, lundi matin, sur les violences qui ont fait des centaines de blessés, l’écrasante majorité chez les Catalans, dimanche.

Les policiers de la garde civile espagnole dépêchés par le gouvernement central ont donné de la matraque, tiré des balles de plastique et fait usage de force physique pour empêcher les citoyens de voter au référendum sur l’indépendance.

La dirigeante du Bloc québécois, Martine Ouellet, qui se trouvait à Barcelone pour observer le déroulement du scrutin, a reproché dimanche sur Twitter au premier ministre Trudeau son «silence assourdissant» sur ce qui s’est joué dans plusieurs villes en Catalogne.

Le gouvernement fédéral s’est contenté de réagir dimanche par une courte déclaration en provenance de l’attaché de presse de la ministre Freeland, lequel a soutenu que «le bilan de violence» était «inquiétant», mais que «la question de la Catalogne est un enjeu interne».

De retour au parlement, lundi, la diplomate en chef du Canada a refusé de répondre aux questions sur la Catalogne à l’issue de la réunion du conseil des ministres. Même chose pour Justin Trudeau, qui avait refusé de condamner les arrestations d’élus catalans.

Le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, n’a pas non plus voulu lancer la pierre à Madrid, même s’il a trouvé «inquiétantes», a l’instar de «tous les Canadiens», les «violences, les images de la fin de semaine».

La solution, a-t-il fait valoir, passe par des discussions. «Vous savez dans une démocratie ces choses-là ça se règle à travers le dialogue», a-t-il affirmé en sortant de la réunion du conseil des ministres, mentionnant que le Canada «suit la situation évidemment de très près».

La motion que les bloquistes tenteront de déposer, puis de mettre aux voix, lundi après-midi, stipule notamment que la Chambre «condamne la répression violente orchestrée par le gouvernement espagnol lors du référendum catalan du 1er octobre 2017».

Du côté de l’Assemblée nationale, le chef péquiste Jean-François Lisée tentera aussi de faire adopter mardi une motion pour dénoncer la répression de l’État espagnol exercée contre les électeurs au référendum sur l’indépendance de la Catalogne.

Le gouvernement catalan a déclaré dimanche que plus de 800 personnes avaient été blessées, dont certaines auraient subi des blessures graves, à la suite des interventions de la police nationale espagnole pour empêcher la tenue du référendum d’autodétermination.

Beaucoup de questions restaient en suspens au lendemain du scrutin émaillé de violences.

Le gouvernement catalan a tenu lundi une réunion de cabinet à huis clos pour discuter des prochaines étapes de son plan pour déclarer l’indépendance de l’Espagne. On s’attend à ce que le Parlement régional vote sur une déclaration historique d’indépendance cette semaine.

Selon les autorités régionales, une large majorité de 90 pour cent d’électeurs a voté en faveur de l’indépendance, ce qui a poussé le président Carles Puigdemont à annoncer dimanche que la Catalogne «avait remporté le droit de devenir un État indépendant».

Quelque 2,26 millions d’électeurs ont participé au vote, ce qui donne un taux de participation d’environ 43%. Le gouvernement catalan a aussi dit qu’environ 700 000 personnes n’avaient pu voter à cause des interventions policières.

De son côté, le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a déclaré qu’«il n’y a pas eu de référendum d’autodétermination en Catalogne». Il a soutenu que la force déployée par la police nationale en Catalogne était «équilibrée» malgré un nombre de blessés «regrettable».

 

 

 

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