Charles Castonguay | L’AUT’JOURNAL

Selon Jean-François Lisée, « Les francophones qui vont faire leur cégep en anglais vont rester francophones » (Le Devoir, 26 août, p.I18).

Le recensement de 2016 donne à penser que ce n’est pas toujours vrai.

 

Il révèle une croissance de l’anglicisation des jeunes adultes francophones au Québec. Plusieurs études portent à conclure qu’il y aurait un lien entre cette tendance nouvelle et l’engouement croissant des jeunes francophones pour le cégep anglais.

J’ai souvent traité du lien entre langue des études postsecondaires, langue de travail et langue d’assimilation. Voyons plutôt ce que le nouveau recensement nous apprend sur l’évolution de l’anglicisation.

Après répartition égale des réponses multiples entre les langues déclarées (voir ma dernière chronique), le va-et-vient de l’assimilation entre le français et l’anglais au Québec se soldait au recensement de 2011 par une perte nette de près de 11 000 locuteurs du français au profit de l’anglais comme langue d’usage au foyer.

Au recensement de 2016, la perte nette correspondante est de près de 23 000. Environ le double.

L’analyse des données selon l’âge indique que la croissance de l’anglicisation des francophones entre 2011 et 2016 se manifeste notamment parmi les jeunes adultes.

Croissance des inscriptions d’élèves francophones au cégep anglais, croissance de l’anglicisation des jeunes adultes francophones. Voilà matière à réflexion pour M. Lisée.

 

 

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