Lise Ravary | Journal de Montréal

J’ai passé la journée à l’hôpital avec mon mari. Je vous évite les détails. Mais au lieu de lui tenir la main, j’ai eu l’oreille collée à mon cellulaire pour joindre Adidas Canada à Toronto.

J’avais quelques questions au sujet de « l’incident linguistique » lors de l’ouverture officielle du magasin au centre-ville quand le gérant, Alexandre Des Roches, a déclaré « je vais dire un mot en français pour accommoder la Ville de Montréal et les médias francophones ». La quasi-totalité de l’événement s’est déroulée en anglais.
J’ai été soufflée par autant de misérabilisme identitaire.

J’ai donc voulu connaître la politi­que linguistique d’Adidas au Québec, mais personne ne pouvait me répondre autre chose que « nous sommes bilingues ». Je l’ai constaté en parcourant leur site canadien franco-franglais plein de fautes.

Je me sentais comme une emmerdeuse, une quêteuse, une Stupid French Canadian.

Grosse erreur

Au-delà de la loi 101, de l’aspect politique du français au Québec, ces blancs-becs qui croient que parler anglais c’est plus branché se trompent, car même sans accent, les anglophones ne vous prendront jamais pour un des leurs.

Au fond, ces anglophones vous envient de parler français et ils ne comprennent pas pourquoi vous marchez sur votre identité.

 

 

SOURCE

 

 

Jeune, je trouvais que le français était kétaine jusqu’à ce que j’aille vivre à l’étranger. Et mon anglais est parfait. Mais j’ai compris ceci : si vous pensez, par exemple, que les Hollandais ou les Suédois sont cool – c’est vrai –, aux yeux du monde, les Québécois aussi le sont. Il n’y a qu’ici qu’on nous fait sentir que nous sommes des ploucs.

Oui, Montréal est une ville où l’anglais et le français se côtoient, mais Montréal, dans son âme, est une ville française.

Je déteste voir des Québécois faire le tapis devant les autres et, en plus, s’essuyer les pieds dessus.