Article paru dans Radio-Canada le 27 août 2010.

La couronne nord de Montréal ne semble pas d’emblée une région où le français est menacé. Mais ce ne serait plus le cas, si on se fie à certains groupes de défense du français. Ils soutiennent que l’anglais attire de plus en plus de gens sur la Rive-Nord, au point où les mouvements pour la défense du français s’y multiplient.

Maurice Dumas est sorti de sa retraite à 83 ans pour diriger le Mouvement Laurentides français, créé l’hiver dernier. L’ancien député du Bloc québécois, qui a remarqué que l’anglais gagnait du terrain au nord de la métropole, a voulu entamer la lutte contre le phénomène. « Je me suis dit que ce serait intéressant d’avoir un chien de garde, ne pas attendre que les dégâts soient faits », affirme-t-il.

Ses inquiétudes se fondent sur un indice mathématique, l’indice de vitalité linguistique, qui permettrait de connaître la force d’attraction d’une langue. On considère l’indice élevé lorsque le nombre de personnes qui utilisent l’anglais est plus grand que le nombre de personnes pour qui il s’agit de la langue maternelle. Cet indice serait particulièrement élevé à Laval, à Boisbriand, à Sainte-Thérèse et à Blainville.

Louis Préfontaine tient un blogue sur la question. C’est lui qui a fait le calcul, à partir des données de Statistiques Canada.

On va voir une augmentation de la vitalité de l’anglais en premier. Ensuite, on va voir qu’il va y avoir de plus en plus d’utilisateurs de l’anglais comme langue d’usage et, finalement, de plus en plus de gens de langue maternelle anglaise.

— Louis Préfontaine, blogueur

À l’Office québécois de la langue française, on ne rejette pas l’approche, mais on ne tire pas la sonnette d’alarme.

Ça nous semble un petit peu prématuré parce que d’avoir un seul indicateur sur un échantillon qui est tout petit ne donne peut-être pas le portrait tout à fait juste.

— Martin Gendron, Office québécois de la langue française

Début septembre, il y aura lancement officiel du Mouvement Laval français, et des annonces du genre risquent de se multiplier partout au Québec dans les prochains mois, puisque les défenseurs de la langue veulent créer un véritable mouvement provincial de mobilisation.

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