Alain Patenaude | Journal Le Québécois

J’aimerais bien savoir quelles sont les avantages d’être un fédéraliste pour un Québécois francophone en 2015. Je suis prêt à vous écouter sans vous couper la parole. Mais ne me dites pas que vous avez peur de perdre vos Rocheuses advenant l’indépendance du Québec et toutes ces niaiseries de vieux mononcle. Ne me dites pas que vous avez peur de ne plus avoir droit à votre chèque de pension si nous devenons indépendants. Je peux vous assurer que même si vous êtes des fédéralistes convaincus et que vous êtes contre le projet d’indépendance, vous allez quand même perdre ce chèque de pension, de toute façon. Qu’est-ce qui vous séduit tellement dans ce fédéralisme qui s’approprie votre argent et qui vous fait la morale quand vous exigez votre retour d’impôt ? J’essaye de comprendre.

 

Canada1-1160x650

 

Le fédéral vous force à cotiser pour l’assurance-emploi avec la collaboration de votre employeur et se sert de cette cagnotte, à laquelle il ne contribue d’aucune façon, pour financer sa guerre à laquelle il tient tant à participer. Ce fédéral qui exige que ses soldats aillent faire la guerre et laisse tomber ses vaillants guerriers quand ils reviennent au pays avec des bobos dans la tête. Qu’est-ce qui vous plaît tant de voir ce fédéral qui détruit le registre des armes à feu, avant que la Cour suprême, qui avait été convoquée par Québec qui réclamait le droit d’en prendre possession, ait pu rendre son jugement ? Et que dire de la loi rétroactive qu’ils ont légiférée pour empêcher toute poursuite de part et d’autre dans une loi mammouth comme il sait si bien le faire.

Le fédéral est responsable d’entretenir les ponts qui traversent le fleuve au Québec. Il ne les entretient pas adéquatement et quand vient le temps d’en construire un neuf, il vous impose des péages en plus de ce que ça va vous coûter en impôts, en se foutant des répercussions économiques que ça engendrera. Il essaye de vous faire croire que les utilisateurs des ponts doivent payer pour le franchir, mais il oublie délibérément de faire payer les bateaux qui passent en dessous et qui s’en vont en Ontario. Vous aimez ce genre de fédéralisme ? Vous êtes contents que le Québec envoie 50 milliards par année à Ottawa et quand vient le temps de recevoir la péréquation qui nous est due, on nous traite de « quêteux » ?

Qu’est ce qui vous plaît tant chez ces fédéralistes moralisateurs qui sont pressés de vous enlever vos droits (C-51) en vous faisant croire que c’est la manière de lutter contre le terrorisme ? Vous aimez voir le fédéral défier la démocratie ? Vous les trouvez authentiques de fragiliser sournoisement le domaine du transport ferroviaire en diminuant les budgets dans des lois mammouth et, quand arrive une tragédie comme Mégantic, ils se déresponsabilisent comme des gens qui ont des choses à se reprocher. Ça doit être pour ça que Denis Lebel a perdu son poste au ministère du Transport tout de suite après la tragédie de Mégantic…

Ça ne vous dérange pas de les voir passer leur pétrole dégueulasse chez nous sur nos vois ferrées, en mettant nos vies en danger ? Vous êtes d’accord avec les oléoducs qui vont passer dans vos cours en mettant vos vies en danger au nom d’un fédéralisme irrespectueux des protocoles émis par le reste du monde ? Ça ne vous dérange pas d’entendre parler du scandale des sénateurs, de voir votre gouvernement fédéral qui dit aller se battre pour la justice et la liberté, mais qui tire à boulet rouge sur un soldat-enfant qui a été contaminé par son père et qui a été torturé, en faisant tout pour qu’il ne puisse retrouver la liberté ? Qu’est-ce qui vous plaît tant à voir un premier ministre qui évite les principes de la démocratie pour arriver à ses fins électorales ?

Trouvez-vous vraiment que les Patriotes, nos ancêtres, ont eu tort de combattre ce régime britannique qui voulait nous assimiler, nous les francophones ? Que diraient-ils s’ils nous voyaient se foutre de leur histoire ? En tout cas, moi je ne vois aucun intérêt à continuer d’être un porteur d’eau pour le reste du pays. Je m’excuse, mais je ne crois pas que c’est mal de vouloir être autonome. Moi, je suis du genre à penser que l’autonomie n’est pas un cancer, c’est juste l’assurance d’une liberté à laquelle nous avons droit. C’est le propre de l’être humain de devenir autonome. Quand les autres décident de votre vie, vous n’êtes pas libres. Vous êtes tout simplement des esclaves.

SOURCE : LE QUEBECOIS