Port-au-Prince, 19 octobre 2017 – La Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal, une institution citoyenne créée en 1834, mène depuis le début du mois d’octobre une mission exploratoire en Haïti dans le but d’y fonder, au courant des prochaines années, une délégation québécoise.

Cette délégation civique et non-partisane aura pour but de raffermir les liens d’amitié et de coopération sociale, éducationnelle, culturelle et économique entre le peuple haïtien et le peuple québécois.

Du 3 au 11 octobre derniers, le Président général de la SSJB, Me Maxime Laporte, et son conseiller général monsieur Lucner Benoit, d’origine haïtienne, étaient en Haïti afin d’établir des rapports avec plusieurs personnalités et organismes civils pressentis comme futurs partenaires, dont des institutions d’enseignement, des groupes de défense des droits de la personne, des syndicats, des associations étudiantes, des organismes d’action civique, etc

Des visites de courtoisie auprès d’élus et de dirigeants politiques, y compris le Premier ministre haïtien, ont également eu lieu à Port-au-Prince et dans le Département du Nord.

Depuis le 15 octobre, madame Sophie Stanké, elle aussi membre du Conseil général et ancienne animatrice à la radio haïtienne CPAM de Montréal, se trouve à son tour dans la capitale haïtienne où elle poursuivra cet agenda de rencontres.

 

Voir le résumé
de la mission exploratoire

 

 

 

Un « pont » citoyen entre le Québec et Haïti
Cette mission exploratoire se conclura au courant du mois de décembre prochain par la production d’un rapport destiné à guider l’élaboration, en 2018, d’un premier plan d’action pour la délégation.

Plus précisément, la SSJB entend ainsi servir de « pont » entre les forces vives de la société civile québécoise et celles de la société civile haïtienne, en suscitant sur une base régulière, par exemple, la tenue de conférences de formation et d’événements de réseautage. Ces activités viseront à formuler ou appuyer des projets de développement, de coopération ou de jumelage institutionnel. Pour ce faire, la SSJB vise à mobiliser des experts et des organismes québécois agissant dans tous les principaux domaines de la vie sociale.

Dans une logique d’échange, de réciprocité et d’enrichissement mutuel, la Société souhaite également que ce « pont » puisse être emprunté par des acteurs de progrès établis en Haïti, afin qu’ils viennent faire part aux Québécois de leur réalité, de leurs réalisations, de leur expérience et de leurs idées de développement social, culturel, économique… Un premier événement s’est d’ailleurs tenu en septembre à la Maison Ludger-Duvernay, la Société ayant reçu comme conférencier monsieur le professeur Victor Benoît, ancien ministre haïtien du travail et des affaires sociales, et président du Mouvement citoyen pour l’intégration et le développement (MOCIDE), organisme avec lequel la SSJB a établi un très solide partenariat.

 

Dondon
Les 7 et 8 octobre, les délégués de la SSJB se sont rendus dans le Département du Nord (région du Cap-haïtien) afin de rencontrer la population et les officiels de la Commune de Dondon. À la suite d’une proposition en ce sens émanant du député de Dondon Daniel Hermogène, les responsables de la SSJB déploient actuellement des efforts pour la réalisation d’un jumelage entre Dondon et une municipalité importante du Québec.

 

Représentation officielle de l’État du Québec en Haïti
La SSJB entend également faire pression sur le gouvernement québécois afin que soit rétablie en Haïti une Délégation générale du Québec, autonome de l’Ambassade canadienne.

Monsieur Laporte a fait valoir : « Nous voulons favoriser une véritable reconnexion entre l’État haïtien et l’État québécois sur le plan des relations et de la coopération internationales. À notre connaissance, la dernière rencontre entre un Président de la République d’Haïti et un Premier ministre du Québec date de l’époque de messieurs Magloire et Duplessis… Par ailleurs, plusieurs ententes mériteraient d’être consolidées, et de nouveaux accords pourraient voir le jour, cela dans l’intérêt commun et de façon cohérente avec les orientations stratégiques du Québec, notamment en matières culturelles et commerciales, lesquelles se distinguent à bien des égards des visées d’Ottawa. Ainsi, une Délégation générale du Québec pourrait faciliter la réalisation de ces objectifs qui, j’en suis sûr, interpellent un grand nombre de Québécois, y compris de nos compatriotes d’origine haïtienne. »

 

Positionnement
La SSJB tient à rappeler qu’elle est un organisme citoyen, non-partisan et indépendant des partis et des pouvoirs d’État. Bien qu’elle assume par exemple une position indépendantiste et républicaine quant à l’avenir constitutionnel du Québec, et sociale-démocrate en ce qui a trait aux politiques publiques, elle n’entend pas pour autant, en tant qu’institution, s’immiscer dans la politique interne haïtienne. Par ailleurs, précisons que la Société est officiellement laïque depuis les années 70, ayant préservé son nom pour des raisons essentiellement patrimoniales. Enfin, elle ne se situe aucunement comme une organisation « humanitaire ».

 

Historique général de la SSJB et liens avec Haïti
Créée dans la foulée du mouvement patriote, la Société Saint-Jean-Baptiste œuvre à l’épanouissement de la francophonie d’Amérique, dans une perspective démocratique et nationale. Historiquement, elle a joué un rôle de premier plan dans l’avancement des droits, des prérogatives et des intérêts du peuple québécois, mais également des francophones du Canada anglais et des États-Unis d’Amérique. Elle a pris une part significative dans l’essor d’une multitude de grandes réalisations collectives, que ce soit dans le domaine de l’éducation, de la culture ou du patrimoine, de même qu’en matières sociale, économique et politique.

Sur résolution unanime de son Conseil général, elle souhaite désormais étendre son champ d’action à Haïti. Très sensible depuis longtemps à la réalité de ce pays et comptant plusieurs membres d’origine haïtienne, la SSJB n’avait pourtant jamais été officiellement présente dans la patrie de Toussaint Louverture. Il était donc temps, dans l’esprit du Président général et des dirigeants de l’organisme, de rattraper ce retard.

La Société a par ailleurs toujours entretenu de bons liens avec la communauté haïtiano-québécoise. Par exemple, ces dernières années, notre Académicien national, le grand Dany Laferrière, s’est vu décerner le prestigieux Prix de littérature Ludger-Duvernay. La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), madame Régine Laurent, a aussi été décorée de la médaille Bene Merenti de Patria, ayant reçu le Prix Hélène-Pedneault pour l’avancement des droits des femmes. À l’été 2016, la SSJB a offert une plaque honorifique au légendaire Orchestre Tropicana d’Haïti, de passage à Montréal pour une tournée.

Outre la Fête nationale du Québec, rappelons que la Société Saint-Jean-Baptiste fut à l’origine : du Monument national, de l’École des Hautes études commerciales, de la Chambre de commerce de Montréal, de la première école de théâtre, de la première école des Beaux-Arts, de la première école technique, de la Société nationale de fiducie, des premières caisses d’épargne, des premières caisses d’assurance-vie, du premier mouvement féministe francophone, de l’aide financière aux études via le Prêt d’honneur, de la Croix du Mont-Royal – emblème incontournable de la ville de Montréal, de la médaille Bene Merenti de patria, de la Fondation pour la langue française, du Mouvement Québec français, de la Coalition pour l’histoire, de la cérémonie québécoise du Jour du Souvenir…

Elle a également mené un nombre incalculable de campagnes marquantes – de souscription, de pétition, de pression, de lobbying, d’opinion publique, de mobilisation, de fierté, etc., par exemple pour l’adoption du fleurdelisé comme drapeau national québécois, pour l’avènement d’une journée nationale des Patriotes, et bien sûr pour la pérennisation de la langue française et de la culture québécoise, ce qui constitue assurément l’élément phare de son action, et ce pour quoi elle est la plus reconnue

Évidemment, en Haïti, c’est davantage la dimension civique et sociale de l’action de la SSJB qui sera mise de l’avant. Ainsi, la Société souhaite surtout faire bénéficier de son expérience historique en matière d’action démocratique, éducationnelle, culturelle et économique pour « rendre le peuple meilleur », comme le veut sa vieille devise. D’autre part, reconnaissant le droit des nations à disposer d’elles-mêmes et à s’épanouir culturellement et linguistiquement, il va de soi que la Société appuie toutes les mesures de valorisation de la langue et de la culture créole, tout en réitérant l’importance de renforcer les solidarités internationales au sein de la Francophonie.

En 183 ans d’existence, la Société Saint-Jean-Baptiste, tout en agissant comme mouvement populaire, a su rassembler au sein de ses instances, notamment en son Conseil général, des élites de notre société ayant marqué l’histoire du Québec, dont plusieurs Premiers ministres, Ministres, Maires de Montréal, chefs de partis, intellectuels notoires, artistes, etc. Encore de nos jours, son président d’honneur se révèle un ancien Premier ministre du Québec, en la personne de monsieur Bernard Landry qui a d’ailleurs tenu à saluer l’initiative.

Voir le résumé
de la mission exploratoire

 

Pour plus d’information et pour contribuer
à la délégation de la SSJB en Haïti :

Communiquez avec monsieur Claude Boisvert, responsable des communications, par courriel au cboisvert@ssjb.com ou par téléphone au 438-931-2615

Ou écrivez directement au responsable de la délégation, monsieur Lucner Benoît, à l’adresse suivante : moreauplaise35@videotron.ca