Article de Annie Mathieu paru dans la Presse canadienne le 16 novembre 2009.

C’est à titre posthume qu’Hélène Pedneault, cette écrivaine au franc-parler et militante de « toutes les causes », dont celle de la souveraineté, de la langue française et de l’eau, a été couronnée dimanche Patriote de l’année 2009-2010 par la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB).

Au cours de la cérémonie qui s’est déroulée dimanche matin à la Maison Ludger-Duvernay à Montréal, ses proches l’ont décrite comme une femme généreuse qui se donnait corps et âme pour les combats qu’elle décidait de mener.

« Elle nous a quitté rapidement dans des circonstances qui ont fait qu’on trouvait qu’elle n’avait pas reçu la reconnaissance qu’elle méritait. C’est une façon de ramener Hélène Pedneault, ses écrits et son oeuvre, dans l’actualité pour permettre à la population de se les approprier et d’en devenir les fiduciaires », a expliqué M. Beaulieu.

Selon le président de la SSJB, Mario Beaulieu, l’écrivaine et féministe décédée l’an dernier n’a pas été suffisamment reconnue de son vivant.

« Elle nous a quitté rapidement dans des circonstances qui ont fait qu’on trouvait qu’elle n’avait pas reçu la reconnaissance qu’elle méritait. C’est une façon de ramener Hélène Pedneault, ses écrits et son oeuvre, dans l’actualité pour permettre à la population de se les approprier et d’en devenir les fiduciaires », a expliqué M. Beaulieu.

Mme Pedneault avait touché à plusieurs genres littéraires. Originaire de Jonquière, elle a entrepris sa carrière à titre de journaliste. Chroniqueuse au magazine féministe « La vie en rose », elle a écrit la pièce de théâtre « La Déposition ». Elle est aussi l’auteur d’une biographie sur Clémence Desrochers.

Hélène Pedneault a co-fondé l’organisme « Eau Secours » en 1997. Elle siégeait également au Conseil de la souveraineté du Québec.

L’écrivaine et militante indépendantiste, Andrée Ferretti ainsi que le chanteur Raoul Duguay ont pris la parole pour souligner l’engagement de l’écrivaine tout au long de sa vie. « Hélène Pedneault était d’abord et avant tout une femme de parole », a soutenu M. Duguay, avant d’ajouter qu’elle était faite de la même étoffe patriotique que celle de Gaston Miron.

Son amie Marie-Claire Séguin, pour laquelle elle a écrit des chansons, a quant à lu un texte du cru de la lauréate, intitulé « Lettre d’amour au Québec ». Puis, c’est devant le portrait géant de l’écrivaine que ses deux soeurs, Raymonde et Danielle et son frère Raymond ont reçu la médaille de la Patriote de l’année en son nom.

Plusieurs personnalités politiques étaient présentes à l’événement, dont le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, la député péquiste Nicole Léger, Françoise David, de Québec solidaire ainsi que l’ancien président de la SSJB, et député bloquiste, Jean Dorion.

M. Duceppe a qualifié Mme Pedneault de « grande artiste » et de femme libre aux « réparties savoureuses ». Françoise David l’avait, quant à elle, côtoyée dans les milieux féministes. « Que ce soit le pays, l’égalité entre les hommes et les femmes ou la protection de l’eau, elle y allait jusqu’au bout et ne comprenait même pas qu’on ne veuille pas s’engager avec elle », a dit Mme David, soulignant que l’hommage était « extrêmement mérité ».

Le titre de Patriote de l’année est attribué par la Société-Saint-Jean-Baptiste depuis 1975. L’an dernier, le sociologue et essayiste, Robert Laplante en était le récipiendaire.

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