Le Mouvement Montréal français (MMF), par la voix de sa nouvelle porte-parole Sophie Stanké, tient à dénoncer la lettre rédigée en anglais seulement par la propriétaire d’un Pharmaprix s’adressant à son voisinage dans La Petite Patrie. Le MMF dénonce de plus les réactions déplorables et bien souvent francophobes qui ont circulé sur les réseaux sociaux à la suite de la publication de cette nouvelle.

Photo MMF - Denis et Sophie

Denis Trudel et Sophie Stanké, nouvelle porte-parole du Mouvement Montréal français

Pour Sophie Stanké, «il est inacceptable qu’en 2016, à Montréal, une propriétaire d’entreprise s’adresse uniquement en anglais seulement à sa clientèle. La langue du commerce au Québec, c’est le français. La situation est d’autant plus absurde qu’il s’agit d’une pharmacie située dans La Petite Patrie, un quartier majoritairement francophone!»

Cela permet de rappeler que l’anglicisation du monde du travail et de la sphère publique à Montréal est un phénomène inquiétant, qu’on aurait tort de banaliser à l’instar de Marc Cassivi.

Madame Stanké a indiqué: «En tant que Québécoise d’origine lituanienne et fille d’immigrante, je suis sensible au fait que les allophones sont déjà trop peu nombreux à parler le français en public et au travail. Or, il est impératif que nos entreprises et institutions publiques veillent à ce que le principe du français, langue commune, soit respecté.»

Seuls 40% des allophones non-francotropes parlent français en public

Une étude du Conseil supérieur de la langue française (CSLF) publiée en 2014 démontre que les allophones «francotropes», c’est-à-dire ceux qui tendent à adopter plus facilement la langue française, ne sont que 77% à l’utiliser en public. Au travail, l’usage du français recule à 70% dans ce groupe.

Mais c’est bien pire encore dans le cas des allophones «non-francotropes», catégorie dont on a précisément la responsabilité de franciser. Seuls 40% d’entre eux parlent généralement le français en public et 44% ont adopté l’anglais. Au travail, seuls 34% parlent français alors que 48% gagnent leur vie en anglais, soit près de la moitié.

En-dehors du monde du travail, toujours chez les non-francotropes, la donnée la plus significative concernant l’usage de l’anglais concerne les sphères d’interaction avec le gouvernement où l’anglais se situe à 50% dans la fréquentation scolaire, 41% en CLSC, 51% dans les hôpitaux, 50% dans les communications orales et 63% dans les communications écrites avec le gouvernement.

 

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Fondé en 2006, le Mouvement Montréal français est un groupe d’action qui rallie des milliers de citoyens-nes soucieux de l’avenir de notre langue commune à Montréal. Le MMF est la division montréalaise du Mouvement Québec français.