Résumé des reportages à Radia-Canada le 2 juillet 2010

Les propos de M. Lafond ont fait bondir certains souverainistes. Le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Mario Beaulieu, se demande comment Jean-Daniel Lafond, qui a côtoyé de nombreux souverainistes, a bien pu développer une telle pensée. « Moi, ça me semble tendancieux, estime-t-il. L’indépendance du Québec, c’est une nécessité géopolitique pour assurer l’avenir du français en Amérique. »

Le conjoint de la gouverneure générale Michaëlle Jean, Jean-Daniel Lafond, livre un plaidoyer en faveur du Canada et met à mal le nationalisme québécois dans une entrevue publiée dans l’édition de cette semaine de l’hebdomadaire français L’Express.

e cinéaste et écrivain né en France y parle d’immigration et d’un nationalisme québécois « qui ne sert plus ».

Le combat pour le Québec libre est mort en octobre 1970.

— Extrait de l’entrevue

Selon lui, le nationalisme québécois est désormais « un obstacle à l’expansion du Québec ». « Aujourd’hui, le Canada britannique est en train de s’effilocher […]. Se constitue une réalité canadienne de fait. Or, le nationalisme québécois revendique la nostalgie d’un pays perdu », déclare-t-il.

« Je crois profondément que l’affirmation de soi ne passe pas par la rupture », avance M. Lafond. Le « vrai combat » n’est pas celui du séparatisme, qu’il décrit comme une « aberration géographique », mais « celui mené pour la culture ».

Déplorant la « déperdition de l’enseignement de la langue française au Québec » et l’apparition de « deux niveaux de langue », il estime qu’il faut « mettre fin à cette créolisation du français », faisant valoir au passage que « ce n’est pas le gouvernement fédéral qui organise cette dégradation ».

Plaidoyer pour un patriotisme canadien français

Vantant la « vitalité de [la] francophonie « hors Québec » », il dit se battre « pour un Canada qui [lui] appartient comme francophone, dans son ensemble. Il serait bon d’avoir un patriotisme canadien français et de reconnaître qu’il y a une citoyenneté canadienne française », argue-t-il.

Québec, Canada français, ces mots m’agacent un peu car la force du mot Canada est plus grande
que celle du mot Québec.

— Extrait de l’entrevue

Par ailleurs, lorsque le journaliste lui demande si c’est à son arrivée au pays, en 1974, qu’il a « flirt[é] avec le nationalisme québécois », il répond : « Ah, non! On ne peut pas flirter avec le nationalisme québécois. C’est : « Marche ou crève! » »

« Je ne me suis jamais senti à l’aise avec ce nationalisme », soutient-il, rappelant qu’il était arrivé quelques années après la crise d’Octobre, dans « un monde traumatisé » et « blessé par l’erreur tragique et grotesque que fut la mort [du ministre] Pierre Laporte », enlevé et tué par le Front de libération du Québec (FLQ).

Rappelons que la nomination de Michaëlle Jean au poste de gouverneure générale, en août 2005, avait été décriée par le camp souverainiste.

Certains s’étaient dits convaincus du passé indépendantiste de M. Lafond. Un texte publié sur le site indépendantiste Vigile.net évoquait notamment ses présumées relations longtemps entretenues avec d’anciens membres du FLQ.

Jean-Daniel Lafond avait alors nié toute allégeance souverainiste.

Le camp souveraniste entre indignation et indifférence

Les propos de M. Lafond ont fait bondir certains souverainistes. Le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Mario Beaulieu, se demande comment Jean-Daniel Lafond, qui a côtoyé de nombreux souverainistes, a bien pu développer une telle pensée. « Moi, ça me semble tendancieux, estime-t-il. L’indépendance du Québec, c’est une nécessité géopolitique pour assurer l’avenir du français en Amérique. »

Le président du Conseil de la souveraineté du Québec, Gérald Larose, accuse pour sa part le cinéaste de se livrer à une forme étrange de révisionnisme depuis qu’il exerce un second rôle protocolaire. « Ce ne sont pas les thèses qu’il a développées et qu’il a filmées! », déplore-t-il. Il fait de la désinformation. C’est son rôle! Il a à produire une fiction. »

Gérald Larose argue en outre que le français s’est « beaucoup amélioré », notamment grâce à la « massification de l’éducation ».

Le président du Regroupement pour un pays souverain, Benoît Roy, n’en croit pas ses oreilles lorsque Jean-Daniel Lafond vante la vitalité de la francophonie à l’extérieur du Québec. « Sur quelle planète habite-t-il? s’insurge-t-il. Ne lit-il pas les rapports annuels des différents commissaires aux langues officielles? Il n’y a pas de volonté politique pour promouvoir le français! »

De leur côté, le Bloc québécois et le Parti québécois se contentent de dire qu’ils n’accordent aucune importance aux déclarations du mari de la gouverneure générale.

Voir dans le site de Radio-Canada.ca