Sophie Durocher, Journal de Montréal, jeudi 30 août 2012
[…] Mon texte sur le mépris des journaux canadiens-anglais envers le Québec lors de la campagne électorale, a récolté 872 commentaires sur journaldemontreal.com, fait l’objet de trois éditoriaux (National Post, Toronto Sun, Yahoo) 500 recommandations Facebook et d’innombrables débats houleux sur les médias sociaux. […] Un lecteur m’a écrit que j’avais tort de parler de haine envers le Québec (avant de me lancer des propos haineux): « Ces journalistes anglophones ont tout à fait raison. Permettez-moi de vous dire qu’au Québec, vous êtes une bande de chialeux, qui ne pensent rien qu’à eux, ne font rien que demander de l’argent au fédéral. (…) Je suis une francophone ontarienne et NÉE au Québec où j’ai encore de la famille, mais au fil des ans, j’ai appris à détester la province de Québec et je ne suis pas la seule non plus. »

B. DesRosiers m’a écrit : « Vous avez raison, je lis tous les jours le National Post et la Gazette et je commence en avoir assez du Québec bashing. Cela apparaît de plus en plus comme l’expression d’un ­racisme que personne ne dénonce. (…) J’ai parlé hier à l’éditeur de la Gazette. Je lui ai dit que le dénigrement presque quotidien de la Gazette envers les francophones devait cesser. »

Dans ma chronique de lundi, je déplorais que les chroniqueurs des journaux canadiens-anglais associent encore les Québécois à la xénophobie, au racisme et à l’intolérance. Un lecteur m’a rappelé qu’un sondage de 2010 de l ‘Institut de recherche en politiques publiques démontrait au contraire que « les Québécois sont plus ouverts à l’immigration que les Ontariens, les Britanno-Colombiens et les Albertains. » […]

Une lectrice m’a souligné avec humour que pour un peuple intolérant, on était plutôt ouvert aux communautés culturelles. « Notre grand spectacle de la fête nationale a été animé pendant des années par un noir, Normand Brathwaite. Pas sûre que c’est comme ça dans beaucoup de provinces canadiennes. »

Deux poids, deux mesures

Enfin, un autre lecteur, Philippe Dubois, m’a posé une excellente question.

« Quelle serait la réaction dans le ROC si au Québec, un parent anglophone qui perd la garde de son enfant était forcé de parler français à son enfant ? C’est pourtant ce qui arrive en Ontario, à des parents francophones. »

Une enquête de Radio-Canada a en effet révélé la semaine dernière que des parents francophones sont obligés de parler en anglais à leur enfant pendant des visites supervisées, « parce que la personne chargée par la cour de surveiller la rencontre est un anglophone unilingue » !

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