Article de Jean-Jacques NANTEL, ING publié dans Tribune libre de Vigile le 5 janvier 2012

L’auteur écrit en son nom personnel.

À l’origine, la raison invoquée par nos leaders pour nous faire accepter leur stratégie étapiste était qu’il leur serait beaucoup plus facile de faire progresser la cause souverainiste s’ils étaient au pouvoir. Or, c’est précisément ce que la plupart d’entre eux ont évité de faire. S’ils l’avaient fait, il est plus que probable que l’appui à la souveraineté atteindrait aujourd’hui les 60 ou les 70%. (Évidemment, cela n’intéresserait personne puisque le Québec serait depuis longtemps devenu un pays ; le changement étant survenu peu après le passage du seuil fatidique de 50% de ¨oui¨).

Si les souverainistes veulent un jour arrêter de perdre, il leur faut absolument apprendre de leurs échecs et faire l’inverse de ce qui a si lamentablement échoué. Il leur faut supprimer tous les obstacles que leurs ennemis ET leurs chefs ont dressés sur leur chemin.

Le premier de ces obstacles est le Parti Québécois lui-même qui, pour beaucoup d’électeurs, est devenu une raison de voter ¨non¨ à cause de certaines décisions impopulaires qu’il a dû prendre lors de ses différents passages au pouvoir (ex : les fusions municipales, la baisse de salaire de 20% imposée aux fonctionnaires après le référendum de 1980, etc.). C’est aujourd’hui devenu évident : l’exercice du pouvoir a nui à la réalisation de notre projet national.

Dans ces circonstances, le mieux que les souverainistes puissent faire sera de profiter de la raclée que vont subir tous les partis souverainistes lors de la prochaine élection pour en rassembler les débris et fonder un nouveau parti ayant un nouveau nom, un nouveau programme et, surtout, de nouveaux dirigeants. Psychologiquement parlant, le moment sera idéal pour créer cette nouvelle coalition indépendantiste puisque, tant sur la scène fédérale que québécoise, les fédéralistes et les anglophones occuperont tout l’espace politique et médiatique.

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