Article paru dans le site Internet de Radio-Canada le 11 avril 2010.

Un millier de militants du français s’étaient donné rendez-vous au Monument National à Montréal pour sommer Québec de recourir la clause dérogatoire afin de se soustraire au jugement de la Cour suprême invalidant la loi 104.

Le rassemblement, organisé par la Société St-Jean-Baptiste de Montréal, a pris la forme d’un spectacle retraçant l’évolution de la lutte pour la défense de la langue française au Québec.

Plusieurs artistes, tels que les comédiens Dominique Pétin et Vincent Bilodeau, se sont succédé sur scène pour lire des textes ayant marqué l’histoire du débat linguistique, de Camille Laurin, à Gilles Vigneault, en passant par Jean-Paul Desbiens (frère Untel).

La loi 104 avait été adoptée à l’unanimité, en 2002, par l’Assemblée nationale du Québec, avec pour but de colmater une faille de la loi 101.

La Charte de la langue française, censée assurer la primauté de la langue française au Québec, laissait ouverte aux parents la possibilité d’inscrire leurs enfants à l’école anglaise publique après un passage par une des écoles anglaises privées non subventionnées existantes, surnommées écoles passerelles.

Mais un jugement de la Cour suprême du Canada en octobre 2009 est venu remettre en cause les dispositions de la loi 104. Le tribunal a estimé que Québec avait contrevenu à la Charte canadienne des droits et libertés en préconisant une solution sans nuance pour faire respecter un « choix politique valide ».
Le président de la Société St-Jean-Baptiste de Montréal, Mario Beaulieu

Mario Beaulieu, président de la Société St-Jean-Baptiste de Montréal

La Cour suprême a toutefois suspendu ce jugement et donné à Québec un délai d’une année afin d’adopter une autre approche.

Pour le président de la Société St-Jean-Baptiste de Montréal, Mario Beaulieu, « c’est une corruption de la démocratie » et « complètement inacceptable ».

Il a exhorté le premier ministre Jean Charest à mettre fin à son ambiguïté et à appliquer sans tarder la loi 101 aux écoles anglaises non subventionnées.

Le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppes, le député du Parti québécois, Pierre Curzi, et la porte-parole de Québec Solidaire, Françoise David, ont pris part à cet événement et ont demandé au gouvernement de bouger rapidement dans ce dossier.

Ils ont utilisé la clause nonobstant pour rapatrier une constitution dont nous ne sommes pas signataires; nous, on va l’utiliser pour faire en sorte que notre langue soit protégée.

— Gilles Duceppe

Le rassemblement s’est conclu par une marche, qui n’avait pas été officiellement annoncée. Quelques centaines de manifestants se sont rendus aux bureaux de la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre en scandant « Montréal en français ».

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