Patrick Bellerose | Journal de Montréal

 

 

Lors de la prochaine campagne électorale, Jean-François Lisée demandera aux écoles privées de faire « un effort supplémentaire », sous peine de voir leur financement réduit.

Les quelque 1500 délégués réunis en congrès à Montréal ont inclus dans le programme du Parti québécois, dimanche, la volonté de « diminuer de façon significative et graduelle le financement public des écoles privées » dès le premier mandat d’un gouvernement péquiste. Les sommes économisées seraient réinvesties dans le réseau public.

En mêlée de presse à la fin de la journée, Jean-François Lisée a minimisé la portée de la proposition. Le chef péquiste souhaite que les écoles privées « jouent leur rôle de façon plus équitable avec l’ensemble de la société », notamment en acceptant des élèves en difficulté ou handicapés.

Sans dévoiler sa plateforme électorale, le chef péquiste a toutefois aussi annoncé qu’il demandera un « effort supplémentaire » aux écoles privées. « Si elles refusent, là, leur financement pourra être réduit », a-t-il dit.

 

Non à l’affichage unilingue

Fait inusité, Jean-François Lisée s’est présenté au micro « contre » sur le plancher du congrès, en après-midi, pour convaincre les délégués de ne pas ajouter l’affichage unilingue dans les commerces au programme du parti.

Il a fait valoir que les dispositions actuelles, qui prévoient la prédominance du français dans l’affichage, permettent de faire une place aux langues des groupes minoritaires. « On ne peut pas inspirer le respect en excluant l’autre », a lancé Jean-François Lisée.

La proposition a été rejetée par une large majorité.

 

Cégeps anglophones

Les délégués ont également adopté une proposition qui vise une diminution du financement des cégeps anglophones jusqu’à ce qu’il soit « aligné sur le poids démographique proportionnel à cette communauté ».

De Saint-Hyacinthe, le premier ministre Philippe Couillard a dénoncé cette mesure. Les Québécois veulent que leurs enfants « aient la liberté de choix quant à leur milieu d’enseignement collégial, incluant la liberté d’avoir accès à un établissement collégial en langue anglaise », a-t-il dit.

Passage de PKP

Le congrès s’est terminé dimanche après le passage de l’ex-chef péquiste Pierre Karl Péladeau, venu faire une démonstration d’unité en montant brièvement sur scène avec Jean-François Lisée.

S’il ne prévoit pas faire campagne lors des prochaines élections générales, PKP n’a pas fermé la porte à un retour éventuel en politique. « Dieu seul le sait », a-t-il lancé aux journalistes.

-Avec la collaboration de Carl Vaillancourt

5 PROPOSITIONS ACCEPTÉES

  • Mettre fin graduellement au financement des garderies et écoles à vocation religieuse.
  • Fournir une allocation financière pour l’achat du matériel de base, du préscolaire au secondaire, en plus d’encadrer les frais de surveillance dans les écoles.
  • Implanter un cours d’histoire du Québec « révisé » obligatoire au primaire et au secondaire.
  • Défendre « sans compromis » la loi 99 sur l’autodétermination du Québec.
  • Remplacer la Loi sur les Indiens par un régime de nation à nations avec les Premières Nations et Inuits.

5 PROPOSITIONS REFUSÉES

  • Appliquer la loi 101 aux CPE et aux garderies privées subventionnées.
  • Revenir aux dispositions initiales de la loi 101 sur l’affichage à l’intérieur et à l’extérieur des commerces.
  • Obliger les entreprises de 10 employés et plus à obtenir un certificat de francisation. Le seuil est actuellement de 50.
  • Considérer fortement la tenue de référendums d’initiative populaire au moment de l’élection générale.
  • Accorder une bonification du financement à tous les partis qui feront élire au moins 40 % de femmes.

 

 

 

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