Article de Reine Côté, Agence QMI, paru dans Canoe le 20 novembre 2009.

Inquiets de l’avenir de la langue française, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM), le Mouvement Montréal français et Impératif français demandent au Parti Québécois et à Québec solidaire de se pencher sur l’avenir de l’enseignement supérieur francophone au Québec qui, selon eux, serait sous financé au profit de celui des établissements anglophones de la Métropole.

«Est-il logique que l’enseignement supérieur québécois en français souffre de sous-financement alors que les jeunes francophones ont un taux de diplomation universitaire 35% plus faible que celui des anglophones?», se demandent les trois organismes.

La coalition lance ce message aux deux partis politiques en congrès ce week-end.

Interprétant comme un affaiblissement l’invalidation de la Loi 104 par la Cour suprême, les trois organismes estiment que le «tabou de la langue» actuel de la classe politique occulte des enjeux importants pour l’avenir économique et régional.

La Loi 104 visait à colmater une brèche dans la Loi 101 qui permettait aux élèves d’intégrer le système public anglophone après un cours passage dans une école anglaise privée.

Financer l’enseignement supérieur en région

Les organismes donnent en exemple le cas des deux méga-hôpitaux qui seront établis à Montréal au cours des prochaines années dont la facture sera en partie défrayée par les régions sans qu’elles en bénéficient.

«Plus de 50% des fonds serviront à bâtir un nouvel hôpital anglophone pour l’Université McGill, alors que la majorité des diplômés en médecine qui y sont formés quittent le Québec dans l’année qui suit»
, soutient la SSJBM.

Les trois organismes préfèreraient voir une décentralisation de centres de formation en faveur des régions, ce qui faciliterait le recrutement des médecins en dehors de la Métropole.

L’exode des cerveaux anglophones

La SSJBM et ses alliés déplorent ce «surfinancement» qui, selon eux, ne serait pas l’apanage du secteur de la santé mais de toutes les institutions collégiales et universitaires à Montréal.

«Une grande partie de la main-d’œuvre ainsi formée en anglais quitte le Québec, font-ils remarquer. Et celle qui reste à s’établir à Montréal pour y travailler.»

«Est-il logique que l’enseignement supérieur québécois en français souffre de sous-financement alors que les jeunes francophones ont un taux de diplomation universitaire 35% plus faible que celui des anglophones?», se demandent les trois organismes.

La SSJBM, le Mouvement Montréal français et Impératif français demandent aux partis politiques de prendre des mesures structurantes pour protéger le français comme langue d’éducation.

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