Article de Catherine Handfield paru dans La Presse édition du 10 novembre 2009.

Mario Beaulieu, président de la Société Saint-Jean-Baptiste, s’est réjoui du fait que la manifestation avait modifié l’horaire du prince. «Peut-être que ça va le sensibiliser à nos revendications», a-t-il dit, sourire en coin.

Une manifestation souverainiste a retardé de 45 minutes l’arrivée du prince Charles, mardi soir, à une cérémonie organisée au centre-ville de Montréal. Trois personnes ont été arrêtées.

Le prince était attendu à 17h25 à la caserne du régiment écossais Black Watch, rue Bleury, à l’angle de l’avenue du Président-Kennedy, ce qui devait clore sa visite à Montréal.

Or, plus d’une centaine de manifestants s’étaient rassemblés dans la rue Bleury dès le milieu de l’après-midi pour protester contre la présence du prince en terre québécoise.

La foule bruyante scandait des slogans et agitait pancartes et drapeaux au son des sifflets et des percussions. «Le Québec, un pays!» «Go home, majesty!» «À bas la monarchie!» ont-ils lancé.

Vers 17h, un commandant de la police de Montréal a tenté de s’adresser à la foule avec un porte-voix, mais les manifestants ont haussé le ton. Certains d’entre eux ont lancé des oeufs aux forces de l’ordre.

Quinze minutes plus tard, les membres de l’escouade antiémeute, qui patientaient à quelques coins de rue de là, ont investi les lieux. Terrifiées, quelques vieilles Écossaises venues saluer leur prince ont rebroussé chemin.

Pour résister aux policiers, des dizaines de manifestants se sont assis au milieu de la rue. Vers 18 h, les policiers antiémeute ont commencé à avancer, frappant en cadence sur leur bouclier.

Trois manifestants ont été arrêtés, a indiqué Olivier Lapointe, porte-parole de la police de Montréal. On les a relâché après leur avoir remis un constat d’infraction pour refus de circuler.

Le prince est finalement arrivé vers 18h10, escorté par la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Au lieu de passer par la porte principale comme prévu, le convoi a fait son entrée par l’arrière. C’est la GRC qui en a décidé ainsi, a indiqué M. Lapointe.

Olivier Lapointe a également confirmé que les manifestants étaient la cause du retard du prince. «Des manifestants se sont assis dans la rue. Nous avons donc graduellement adapté notre force à la situation, ce qui prend un certain temps», a-t-il dit.

Peu après 20h, le prince est reparti par un autre chemin, à l’abri des regards des derniers protestataires.

Mario Beaulieu, président de la Société Saint-Jean-Baptiste, s’est réjoui du fait que la manifestation avait modifié l’horaire du prince. «Peut-être que ça va le sensibiliser à nos revendications», a-t-il dit, sourire en coin.

La manifestation était organisée par le Mouvement souverainiste du Québec et le Réseau de résistance du Québec. Les participants souhaitaient dénoncer le symbole que représente le prince.

«On veut lui envoyer le signal qu’il n’est pas le bienvenu, a dit le porte-parole de la manifestation, Patrick Bourgeois. On ne veut plus de cette monarchie, on veut s’en débarrasser.»

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