C O M M U N I Q U É

 

Colloque de la SSJB sur les 40 ans
de la Charte de la langue française

Montréal, 8 novembre 2017 – Dans le cadre du 40e anniversaire de la Charte de la langue française, la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) a tenu ce vendredi à Montréal une journée de réflexion sur cette loi si fondamentale pour le Québec. Intitulé « 40 ans de la loi 101 : et après ? », le colloque a réuni plusieurs intellectuels émérites afin de faire le bilan des gains obtenus grâce à la loi 101, de son charcutage judiciaire et de ses affaiblissements successifs par les tribunaux canadiens, ainsi que du recul indéniable du français comme langue commune. L’avenir de la loi 101 et de la langue française au Québec, un enjeu d’actualité, a également été au centre des discussions.

Les conférenciers invités étaient : Charles Castonguay, mathématicien, Éric Bouchard, directeur du Mouvement Québec français (MQF), Me Éric Poirier, doctorant en droit linguistique, Guillaume Rousseau, professeur de droit constitutionnel, Solange Chalvin, journaliste et essayiste, Michel Paillé, démographe, Marc Termote, également démographe, et Me Maxime Laporte, Président général de la SSJB.

 

La loi 101 au cégep

Le jour même où s’entame le XVIIe Congrès du Parti Québécois (PQ), le Président général, Me Maxime Laporte, a tenu à discuter plus particulièrement de l’idée d’étendre l’application de la loi 101 au niveau collégial, une position défendue depuis longtemps par la SSJB et plusieurs de ses organismes partenaires. Il en a profité pour déconstruire un à un les principaux arguments invoqués régulièrement dans les médias à l’encontre de ce projet. [Voir texte en annexe.]

« Un (trop) timide pas dans la bonne direction »

Au sujet des propositions de compromis formulées plus tôt cette semaine par le chef du PQ, Jean-François Lisée, monsieur Laporte a fait valoir : « Rappelons que la SSJB est un organisme citoyen et non-partisan. Elle n’est pas une instance du PQ. À ce titre, bien que nous soyons heureux que des politiciens discutent, voire reprennent dans certains cas, des idées que nous mettons de l’avant depuis si longtemps, il leur appartient de mener leur débat. »

« Néanmoins, le sujet est trop important pour que je m’interdise de commenter. Les « compromis » évoqués par monsieur Lisée constituent un (trop) timide pas dans la bonne direction. Et certes, il s’agit d’un recul par rapport à la position favorable à la loi 101 au cégep, adoptée en 2011 par le PQ sous l’impulsion de l’ancien député de Borduas, le grand Pierre Curzi. Raison pour laquelle nous encourageons les militants, qu’ils soient délégués au congrès de cette fin de semaine ou actifs au sein d’autres organisations, à ne pas fléchir sur cet enjeu. C’est bien beau les compromis électoralistes, mais l’objectif consiste à ne pas compromettre l’avenir du français au Québec, ce pour quoi il faut du courage. »

« Il faut toutefois souligner la volonté des dirigeants du PQ d’étendre les dispositions de la loi 101 à la formation professionnelle ainsi qu’à l’école des adultes, une revendication de longue date. »

 

Les voies de contournement

« Quant à l’idée de réduire le financement des cégeps anglais afin de l’ajuster au poids démographique des anglophones, elle m’apparaît maladroitement formulée et peu convaincante. Si monsieur Lisée voulait s’éviter une controverse avec la loi 101 au cégep, manifestement je ne vois pas en quoi cette nouvelle voie de contournement lui permettra d’atteindre cet objectif. Ma position à ce sujet rejoint essentiellement celle de Pierre Dubuc, directeur de L’Aut’journal.

« 1) À elle seule, cette mesure ne règlera pas le problème de l’accès des non-anglophones aux cégeps anglophones, qui s’avère en croissance. 2) Les dirigeants des cégeps anglophones auront beau jeu de demander à Ottawa de combler les manques à gagner, en vertu du pouvoir fédéral de dépenser, et rien n’indique alors que ces institutions attireront moins de non-anglophones. 3) Ce n’est pas un gage de paix linguistique, puisque comme l’écrit Dubuc, « la réduction graduelle des budgets des cégeps anglophones signifie une nouvelle crise linguistique à chaque année ». 4) « Une telle mesure, de nature administrative, est moins contraignante qu’une loi et peut être modifiée avec l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement ». 5) J’ajouterais que cela complique drôlement le système de financement du réseau collégial, qui fonctionne essentiellement par têtes de pipes. 6) De toute façon, l’application de la loi 101 au cégep, qui aurait pour effet de réduire le nombre d’étudiants dans les collèges anglophones, réduirait le financement en conséquence, mais d’une manière plus logique et moins difficilement acceptable. »

« Enfin, en ce qui a trait à un renforcement de l’offre de formation en anglais enrichi, pouvant comprendre une session dans un cégep anglais, je pense tout d’abord que c’est une erreur de dénigrer le travail du corps enseignant des institutions francophones, dont les membres, par ailleurs, ont le droit de gagner leur vie en français et de ne pas se faire imposer de travailler davantage dans une autre langue que la langue officielle. Aussi, si l’enseignement de l’anglais, langue seconde, est si mauvais dans nos écoles, comment se fait-il que sur l’ile de Montréal, 79% des jeunes francophones sont bilingues, soit légèrement plus, d’ailleurs, que leurs concitoyens anglos ? Enfin, plutôt que de favoriser l’anglicisation de la société québécoise, pourquoi n’envisagerait-on pas des stages d’immersion académique hors-Québec, par exemple en concluant des ententes avec les gouvernements des provinces du Canada anglais visant à organiser des échanges étudiants, où des jeunes étudiants canadiens-anglais viendraient passer ici une ou deux sessions dans un cégep francophone en région ? », a conclu Me Laporte.

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Remerciements

La SSJB tient notamment à remercier sa deuxième vice-présidente, l’historienne Josiane Lavallée qui a agi en tant que responsable de la journée de réflexion.

Fondée par les Patriotes en 1834, la SSJB est le plus ancien organisme citoyen dédié à l’avancement des intérêts du peuple québécois et du combat pour faire du français la seule langue commune au Québec. Son siège social, la Maison Ludger-Duvernay, est depuis toujours un carrefour de débats et de réflexions sur notre passé, notre présent et notre avenir communs.

 

Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal  –   ssjb.com
Renseignement et demande d’entrevue avec Maxime Laporte :
Claude Boisvert, responsable des communications  438-931-2615, cboisvert@ssjb.com