La nomination de David Johnston, un « fédéraliste extrémiste », à titre de prochain gouverneur général du Canada est difficile à avaler pour la classe souverainiste du Québec.« C’est un fédéraliste extrémiste, soutient M. Beaulieu. Son livre parlait de la souveraineté comme d’une catastrophe en y présentant des scénarios hypothétiques et partisans. »

Le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Mario Beaulieu, estime qu’il s’agit d’une « nomination partisane » de la part du premier ministre Harper, puisque M. Johnston a été coprésident du comité du Non de Montréal au référendum québécois sur la souveraineté en 1995. Il critique aussi l’ouvrage que M. Johnston a cosigné en 1995, If Quebec Goes, the Real Cost of Separation, dans lequel il s’interroge sur les coûts socio-économiques de la séparation du Québec.

Le porte-parole de l’Association des descendants des Patriotes, Gilles Rhéaume, qualifie pour sa part le livre en question de « véritable sottisier ».

« C’est un livre de propagande écrit à l’intérieur d’une campagne référendaire », affirme-t-il.

Le président du Conseil de la souveraineté du Québec, Gérald Larose, voit le futur gouverneur général comme un « adversaire » de l’indépendance au Québec.

Champlain, le premier

« Les fédéralistes prennent des fédéralistes; on ne peut se surprendre de ça », affirme-t-il.

Le nouveau gouverneur général n’a pas tardé à semer la controverse auprès des souverainistes en tenant un discours, hier, dans lesquels il fait l’éloge de Samuel de Champlain, le présentant comme le « premier gouverneur du Canada ».

« De la part d’un universitaire, c’est indécent, s’est insurgé M. Larose. C’est de la bouillie pour les chats », faisant valoir que le Canada est né en 1867, alors que Champlain a fondé Québec en 1608.

Le président du Rassemblement pour un pays souverain, Benoît Roy, qualifie les propos de M. Johnston de « révisionnisme historique », alors que le porte-parole de la Société Saint-Jean-Baptiste, M. Beaulieu, juge « arrogante » et « insultante » cette déclaration.

Le Bloc québécois et le Parti québécois ont pour leur part refusé de commenter la nomination puisque le poste de gouverneur général est désuet selon ces deux formations politiques.

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