Canadianisation du Québec:
Trudeau affiche ses intentions

Montréal, 1er octobre 2015 – Le président général de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal, Me Maxime Laporte, a dénoncé aujourd’hui à TVA Nouvelles la présence d’affiches «parlantes» unilingues anglaises apposées par le Parti libéral du Canada (PLC) à Montréal, y compris dans Papineau, la circonscription du chef, Justin Trudeau.

Plus tôt dans la campagne, le PLC avait annoncé que ces affiches interactives étaient destinées seulement au Québec, ajoutant qu’elles seraient exclusivement françaises ou bilingues.

Or, la contradiction est évidente, puisque plusieurs panneaux s’avèrent unilingues anglais, avec les mentions: «Follow Team Trudeau», «Download the free […] app», «Scan this pole sign», «Discover interactive content», etc. De telles pancartes avaient déjà été repérées en Outaouais, suscitant une certaine controverse, mais leur présence dans la région de Montréal n’avait pas été soulignée jusqu’ici.

«Les libéraux semblent indifférents au fait qu’au Québec, la langue commune et officielle, c’est le français. Il faut croire qu’ils tiennent à leur vision très canadienne de l’aménagement linguistique, où il y a deux langues officielles: l’anglais pour le Canada et l’anglicisation pour les Québécois», a indiqué monsieur Laporte.

Il  a ajouté: «Tout le monde sait, données à l’appui, que Montréal, métropole française des Amériques, est entrain de se transformer en nécropole française des Amériques, mais ça ne fait pas un pli à Trudeau, même qu’il y contribue.»
Il a également tenu à souligner: «Par ailleurs, on ne peut pas dire que le chef libéral est un modèle en ce qui a trait à la promotion de la langue française et à la qualité de son français. Quand Justin traitait de paresseux quiconque ne maîtrise pas les deux langues, hé bien qu’il se botte le derrière lui-même, parce que son français laisse à désirer, sa syntaxe est lamentable. Justin Trudeau apparaît comme un anglicisme ambulant. Et pourtant il n’a pas d’excuse: il a même fréquenté le collège Brébeuf à Montréal. Je le mets au défi de ne pas être paresseux lors du débat télévisé de demain et de parler français comme il se doit, lui qui aspire à diriger le Canada et donc à parler à la place des Québécois à l’international.»
«La question linguistique doit être abordée par les chefs fédéraux. Que proposent-ils pour éviter la canadianisation du Québec? Le PLC continuera-t-il à refuser que la loi 101 s’applique aux entreprises privées de compétence fédérale au Québec, qui emploient plus de 200 000 personnes, lesquelles devraient avoir le droit de travaille en français? Le NPD continuera-t-il à leurrer les Québécois sur cette question? Harper entend-il nommer encore plus de juges et de hauts-fonctionnaires unilingues anglais? On veut des réponses», a conclu monsieur Laporte.

Fondée en 1834, la SSJB est le plus ancien organisme toujours actif à veiller sur les intérêts nationaux du Québec, notamment eu égard aux défis que présente l’anglicisation de Montréal. Rappelons que selon les projections du démographe Marc Termote, seulement 43% des gens résidant sur l’Ile de Montréal auront le français comme langue d’usage en 2056.

 

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