C O M M U N I Q U É

 

 

Révélations de Radio-Canada sur l’enquête de l’UPAC visant deux CS anglophones:

POUR UNE COMMISSION PUBLIQUE SUR LA FRANCISATION

 

 

Montréal, 12 avril 2017 – La Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal, par la voix de son Président général, Me Maxime Laporte, et le Mouvement Québec français (MQF), représenté par son directeur Éric Bouchard, ont exprimé ce mercredi leur indignation à la suite des révélations-chocs de Radio-Canada concernant une enquête de l’UPAC sur deux commissions scolaires (CS) anglophones et leurs services de francisation dispensés à des candidats à l’immigration.

À la lumière du reportage de R-C, la qualité des cours offerts se révèle manifestement médiocre, puisqu’au terme de leur «formation», seule une minorité des élèves réussissent les examens du ministère de l’immigration.

Y voyant la goutte qui fait déborder le vase, et considérant le déclin constant du français dans tous les domaines de la vie publique québécoise, messieurs Laporte et Bouchard en ont appelé à la mise en place d’une commission publique sur la francisation de l’immigration.

Monsieur Laporte a déclaré: «L’état de santé de la langue française au Québec ne cesse de se dégrader. Particulièrement en matière de francisation, tous les indicateurs sont au rouge. Si, en plus d’échouer à franciser et intégrer nos frères et sœurs issus de l’immigration, la corruption ou des malversations, sait-on, se mettent à gangrener le peu de ressources qu’on met à leur disposition, comment voulez-vous que nous avancions collectivement?»

Eric Bouchard a indiqué: «Le MQF tient tout de même à féliciter le ministère et ses fonctionnaires qui font œuvre utile en veillant à vérifier les connaissances acquises par les candidats à l’immigration dans le cadre de leurs cours.»

À cet égard, l’Association des avocats en droit de l’immigration a tort, selon nous, de s’en prendre à l’évaluation orale effectuée par le ministère. Ce genre de mise en situation, fût-elle «stressante», s’avère nécessaire afin de s’assurer que les futurs immigrants seront suffisamment outillés au moment où ils passeront une entrevue d’emploi en français. Autrement, cela reviendrait à nuire directement à leur intégration, tout en envoyant le message trompeur qu’au Québec, le français, langue commune, serait secondaire sur le marché de l’emploi ainsi que dans la sphère publique.»

 

Le Québec rate sa cible (bis)
L’an dernier, l’étude «Le Québec rate sa cible en matière de francisation» de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) avait fait beaucoup de bruit. Celle-ci révélait que plus de 200 000 nouveaux arrivants ne parlent toujours pas un mot de français au Québec. Parmi eux, 80% s’expriment plutôt en anglais. L’auteur Jean Ferretti écrivait: «La politique migratoire menée depuis 1991 ne permet pas d’atteindre l’objectif du [ministère] de pérenniser le français. Les efforts de sélection ont permis de hausser la part d’immigrants connaissant le français, mais ne sont pas suffisants pour endiguer le déclin du français».

Aussi, le transfert vers le français des immigrants de langue non latine est resté le même en 30 ans, soit seulement 15%.

 
Une commission publique
Monsieur Laporte a affirmé: «Plus que jamais, nous sommes mûrs pour une commission publique sur la francisation au Québec. Dans l’intérêt de la collectivité et, au premier chef, des Néo-Québécois eux-mêmes, – qui affichent un taux de chômage ahurissant, lequel n’est certainement pas dû qu’aux phénomènes de discrimination, eux aussi extrêmement préoccupants, il faut mettre un terme à la négligence de nos autorités publiques en ce domaine. Pour faire toute la lumière sur ce problème complexe, le temps est venu de se pencher sérieusement sur l’ensemble de nos politiques de francisation afin d’apporter les solutions qui s’imposent.»

Eric Bouchard a fait valoir: «malgré tous nos efforts afin de sensibiliser les autorités et la population générale sur plusieurs questions fondamentales en matière de francisation, plusieurs d’entre elles restent sans réponse:

1) Combien coûte à l’État la francisation d’un immigrant? – Sans connaître la réponse à cette question pourtant simple, impossible d’avoir une idée de nos capacités financières pour assurer la francisation des nouveaux arrivants ;

2) Qui francise, comment et pour atteindre quels objectifs? – Les efforts de francisation étant dispersés aux quatre vents entre plusieurs ministères et organismes publics et parapublics, impossible d’avoir une vision claire de la manière dont on s’acquitte de cette tâche fondamentale. Au surplus, il n’existe pas d’objectifs quantifiés en ce qui a trait à la réussite globale de la francisation ; voulons-nous maintenir la proportion de parlants français ; voulons-nous hausser à 90% le pourcentage d’immigrants maîtrisant la langue officielle? ; bref, où allons-nous? ;

3) Qu’en est-il des formations professionnelles pour immigrants dispensées en anglais par des institutions anglophones? – N’est-ce pas profondément contradictoire qu’une commission scolaire anglophone puisse offrir aux immigrants des séances de «francisation» tout en dispensant à ces personnes des formations professionnelles en anglais, le tout payé par les fonds publics?!»

Fondée en 1834, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal est le plus ancien organisme citoyen dédié à la pérennisation du fait français au Québec et en Amérique du Nord.

Le Mouvement Québec français, qui a vu le jour en 1971, a pour mission de faire du français la seule langue publique et commune au Québec.

 

 

 

Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal
Pour information et demande d’entrevue (Maxime Laporte):
Claude Boisvert, responsable des Communications
438-931-2615, cboisvert@ssjb.com