Article paru dans le site Internet de Radio-Canada le 3 juin 2010.

Le dépôt par le gouvernement Charest du projet de loi qui doit apporter une réponse à la décision de la Cour suprême du Canada sur l’accès à l’école anglaise a provoqué une vague de réactions.

On pensait que tout le monde avait des droits égaux. Maintenant, on voit que l’on peut s’acheter le droit de contourner la Loi 101 au moment où les francophones sont minoritaires à Montréal, où le français est en déclin dans l’ensemble du Québec.
— Mario Beaulieu

Au-delà des échanges vigoureux tenus à l’Assemblée nationale, les membres de la communauté anglophone et les groupes de défense de la langue française n’ont pas tardé à émettre leur opinion concernant ce texte.

C’est le cas de l’avocat Brent Tyler qui a représenté des familles lors du recours devant la Cour suprême. Son opinion paraît mitigée, mais il se réjouit néanmoins qu’une période de temps de trois ans soit définie parmi les critères évoqués dans la définition du « parcours authentique ».

Il considère que la proposition du gouvernement Charest est « beaucoup mieux » que ce qui était proposé par le Parti québécois ou l’avis émis par le Conseil supérieur de la langue française.

Il y a un seul avantage de définir une période de temps […], c’est l’avantage de la clarté.

— Brent Tyler

Pour sa part, la Société Saint-Jean-Baptiste, par la voix de son président Mario Beaulieu, n’hésite pas à faire un parallèle avec le déclin de la langue française, particulièrement dans la région de Montréal. Il considère que ce projet de loi est « complètement irresponsable ».

On pensait que tout le monde avait des droits égaux. Maintenant, on voit que l’on peut s’acheter le droit de contourner la Loi 101 au moment où les francophones sont minoritaires à Montréal, où le français est en déclin dans l’ensemble du Québec.

— Mario Beaulieu

Le président de la Commission scolaire Lester-B.-Pearson, Marcus Tabachnick, exprime lui aussi de la déception, mais pour des raisons tout à fait différentes.

En effet, il considère que les écoles publiques vont perdre des élèves et, par le fait même, des ressources. En outre, il déplore qu’il n’y ait pas eu de rencontre ou de contact avec le gouvernement Charest.

Il n’y a aucun nombre d’années qui est acceptable pour nous. C’est important que le gouvernement s’assoie avec nous autres pour en parler. […] Pour moi, c’est impossible pour un gouvernement dans une démocratie d’agir comme une police de la pensée.

— Marcus Tabachnick

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