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Coupes dans la francisation en entreprises

Montréal, 9 février 2016 – La Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal, qui a commandité la récente étude publiée par l’IREC sur les graves ratés en matière de francisation des personnes immigrantes, dénonce fortement l’amputation par Québec de la moitié des ressources dédiées à la francisation en entreprises, tel que rapporté mardi dans Le Devoir.

Le Président général de la SSJB, Maxime Laporte a affirmé: «C’est irresponsable! Que les démissionnaires de la langue, démissionnent!»

«L’un des devoirs les plus sacrés d’un élu québécois consiste à protéger et à promouvoir notre langue commune, le français. Notre gouvernement national est responsable de tout mettre en œuvre pour inclure et franciser les Néo-Québécois.»

«Or, en privilégiant les intérêts du patronat au détriment de ceux de notre cohésion sociale, linguistique et nationale, – vecteur de notre richesse collective, l’austérité libérale nous anglicise et nous appauvrit. Avec le projet de loi 77, la Ministre Weil sacrifie la francisation des immigrants sur l’autel du néolibéralisme.»

«Les résultats de l’étude de Jean Ferretti ne sont-ils pas suffisamment révélateurs? 200 000 Néo-Québécois, surtout établis dans la région métropolitaine, ne parlent pas français. De ce nombre, 80% parlent anglais! De plus, entre 1997 et 2010, la proportion de travailleurs du secteur privé exerçant leur métier généralement ou uniquement en français sur l’Ile de Montréal, a chuté de 62,5 % à 43,7 %, une diminution de plus de 30% en moins de 13 ans.  Et d’après les projections du réputé démographe Marc Termote, d’ici l’an 2056, la proportion de locuteurs parlant le plus souvent le français à la maison chutera d’environ 82% en 2006 à 73% au Québec, et de 52,4% à 42,3% sur l’Ile de Montréal. Cela dit, à constater les orientations que prend le gouvernement du Québec, cette proportion diminuera certes encore plus rapidement que prévu.»

«Le pire sans doute, c’est que nous, les contribuables, payons pour notre propre anglicisation. Notre gouvernement national offre la plupart de ses services en anglais aux nouveaux arrivants ; il sur-finance les institutions de langue anglaise ; il permet la bilinguisation de nos institutions de santé ; il compte plus de 135 000 emplois bilingues dans sa fonction publique… Et c’est sans compter les coupes à l’Office québécois de la langue française, les coupes en francisation, les coupes en éducation, la démission totale des dernières années face à Ottawa, eu égard notamment à la Cour suprême dans l’affaire des écoles passerelles, à l’absence de revendications en matière de compétences en immigration ou quant à l’application de la loi 101 aux entreprises privées de compétence fédérale…

«Il est temps qu’on se réveille! Le Québec français doit se réveiller! Allez, debout!», a lancé monsieur Laporte.

 

Fondée en 1834, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal
est le plus ancien organisme de défense et de promotion de la langue française en Amérique.