Par Yves-François Blanchet, chroniqueur à l’émission Les Ex (RDI)

Il y a bien un an, j’ai affirmé – un rien provocateur – qu’un territoire assujetti à une constitution qu’il n’a pas librement acceptée (pire: dont le Parlement l’a rejetée à chaque vote) est une colonie. La Constitution modifiée en 1982, la Charte des droits et libertés de Pierre Trudeau, les décisions de la Cour suprême, les dépenses fédérales dans des juridictions exclusives des provinces (…), tout ça est appliqué au Québec sans son adhésion au coup de force canadien de 1982. Réglée, la Constitution?…

Pour racoler les clientèles nationalistes, le gouvernement de Philippe Couillard et le PLQ s’inventent alors une position constitutionnelle en soi légitime: « Québécois, notre façon d’être canadiens » (?!). Sauf que…

Sauf que si un joueur fort et crédible fait une offre désirable, on l’acceptera sur le champs. En revanche, si un joueur négligeable fait une proposition dont ne veut rien savoir, on le méprisera dans la plus complète indifférence. Le Canada a réagi entre ce mépris et une politesse gênée. C’est le sort réservé à la proposition du PLQ. Une offre sans intérêt par un gouvernement faible.

Alors que la contestation judiciaire de la Loi 99 qui affirme le droit à l’autodétermination du Québec est portée devant les tribunaux sous l’œil complaisant de Justin Trudeau, on nous répète que les Québécois ne veulent pas entendre parler d’indépendance et de Constitution. Ils finissent par le croire. Ont-ils plus envie de parler de corruption, de copinage, de proximités policières douteuses, de financement illégal, de visites chez de richissimes propriétaires d’îles dans le sud…?

Parlons Constitution parce que, justement, le Canada ne veut pas en parler. Parlons de notre Constitution bien à nous, ouverte, inclusive, porteuse de valeurs d’égalité, de Justice, de laïcité de l’État, de langue française, d’accueil… Elle ne forcerait pas l’indépendance. Elle la permettrait.

Mon commentaire provocant sur la colonie? Rien. Pas de réaction. Certainement des gens très contrariés, mais aucun qui ait relevé le défi. Le Québec est une colonie du Canada dont le chef officiel est un représentant de la Reine d’Angleterre.

Jean-François Lisée mène ses troupe vers un scrutin en octobre. Je regarderai et commenterai de nouveau dès lundi aux EX et c’est de là que je vivrai cette élection. Espérons qu’il trouve une façon de raviver une braise qu’il avait lui-même refroidie. Joseph Facal a raison: la Constitution est un chemin légitime pour y arriver… si l’exercice n’est pas qu’électoral.

 

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