Julie Charette, Journal 24 heures, 2 septembre 2009

Les six cours d’anglais offerts par l’UQAM cet automne ne sont que la « pointe de l’iceberg » vers une « anglicisation » encore plus grande de l’université et de la société québécoise, dénoncent des organismes de défense du français.

Le président de la SSJB, Mario Beaulieu, balaie quant à lui du revers de la main les raisons évoquées par l’UQAM pour justifier sa décision d’offrir six cours en anglais.

Dans l’optique de doubler son nombre d’étudiants étrangers, l’UQAM offre ainsi cet automne six cours uniquement en anglais à l’École des sciences de la gestion.

Une décision qui fait craindre le pire à Impératif français et à la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB).

« Ces six cours ne sont que la pointe de l’iceberg. Ils auront un effet d’entraînement sur les autres disciplines et les autres universités qui pourront offrir plus de cours en anglais », fait valoir le président d’Impératif français, Jean-Paul Perrault.

Le vrai problème : le sous-financement des universités

Le président de la SSJB, Mario Beaulieu, balaie quant à lui du revers de la main les raisons évoquées par l’UQAM pour justifier sa décision d’offrir six cours en anglais.

« On nous dit que c’est pour attirer des étudiants étrangers. On ne voit pas pourquoi on ne pourrait pas attirer des étudiants étrangers avec des cours en français », signale-t-il.

Tous deux estiment que le nœud du problème réside plutôt dans le sous-financement des universités et que c’est au gouvernement du Québec d’agir.

« Les universités francophones sont sous-financées comparativement aux universités anglophones. On demande à Québec de rétablir graduellement un financement équitable pour les universités francophones », mentionne M. Beaulieu.

Bien que les six cours seront bel et bien offerts en anglais cet automne, l’UQAM a demandé à son comité permanent sur la langue d’analyser le dossier.

« Nous pourrions éventuellement revoir la politique », indique la directrice de la division des relations avec les médias de l’UQAM, Francine Jacques.

La ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, a donné son appui mardi à la décision de l’UQAM.

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