PIERRE ALLARD | PIERREYALLARD.BLOGSPOT.CA | 08/08/14

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 Photo : L. Turgeon

Certains jours, je crains que notre trajet comme peuple, comme nation, ne tire à sa fin. Jadis une présence active un peu partout en Amérique du Nord, nous en sommes réduits aujourd’hui à défendre, tant bien que mal, notre «brave petit village encerclé». Depuis des siècles, nous avons été conquis, soumis, dominés, et semblons avoir raté nos chances de prendre place au sein du concert des nations. La langue française a été notre seul rempart solide, et voilà que notre demi-État est aux mains d’un parti qui veut que tous les Québécois apprennent l’anglais…

Les recensements successifs, depuis un siècle, brossent un tableau cru de nos reculs, de l’effet des persécutions linguistiques hors-Québec, d’un effritement qui se fait sentir désormais jusque dans la métropole et en Outaouais. Le plurilinguisme volontaire est enrichissant mais le bilinguisme tel qu’on nous l’impose gruge l’identité culturelle et précède l’assimilation à l’anglais. La jeune génération, en particulier, semble davantage perméable aux assauts d’un franglais plus agressif qu’autrefois, surmultiplié par les nouvelles technologies…

Ce qui nous rend unique, intéressant, utile, c’est notre culture originale, issue de la vieille France et enrichie des multiples apports du vécu nord-américain. Elle a donné de brillantes oeuvres littéraires, une richesse musicale incontestée, et une abondance d’écrits qui témoignent en français de notre présence ici comme peuple. Mais cela s’arrêtera net si des générations peuplées de bilingues en voie d’anglicisation finissent par nous succéder. L’Amérique du Nord regorge déjà d’exemples probants… en Louisiane et ailleurs au pays.

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