Article de Philip Authier paru dans The Gazette du 15 décembre 2010. Traduction par Jacinthe Béliveau.

Un centre de réadaptation montréalais devrait pouvoir garder son statut bilingue même s’il n’a plus le nombre de patients Anglophones requis selon la loi, a proclamé un groupe de représentants des Anglophones du Québec.
S’ils voulaient être généreux avec une institution ayant déjà le statut, pourquoi ne le donneraient-ils pas à la nouvelle institution ? a demandé Sylvia Martin-Laforge, directrice exécutive du Quebec Community Groups Network (QCGN).

“Ce serait une interprétation d’une générosité…. Pour quelque chose qui existe déjà depuis les années 70. Pourquoi révoquer le statut ? Le groupe réagissait à l’avertissement qu’a lancé la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal au gouvernement concernant le prochain statut linguistique du nouvel Institut de réadaptation Gingras-Lindsey de Montréal. L’institut est le résultat d’une fusion de l’Institut de réadaptation de Montréal et du Lindsay Rehabilitation Hospital en 2008.

La présidente du QCGN, Linda Leith a ajouté « qu’il est important que l’anglais ne doit pas juste être parlé mais doit aussi être visible. Cela aiderait la clientèle anglophone la plus vulnérable. »

L’Institut était une institution francophone mais celui de Lindsay avait un statut bilingue selon la Charte de la langue française en raison que sa clientèle parlait une autre langue que le français. Mais ce n’est plus la même réalité depuis la fusion. Étant donné que cette dernière amena la création d’un nouvel établissement, l’Institut doit refaire sa demande à l’OQLF pour déterminer s’ il est toujours dans les normes pour garder un statut bilingue. Les démarches ont déjà été entreprises par la direction de l’Institut mais comme l’a spécifié leur porte-parole Martin Bergeron, ils doivent maintenant prouver qu’ils ont une clientèle de non-francophones suffisamment nombreuse.

La direction de l’hôpital ainsi que le QCGN concèdent déjà que le nouvel institut ne pourra pas se qualifier pour l’obtention du statut et qu’il perdra son statut bilingue. Le QCGN a noté que des fusions de centres de santé Anglophones et francophones ont été un succès par le passé – dont celui de Sherbrooke- où le centre fusionné n’avait pourtant pas le 50% de patients anglophones mais qui a été en mesure de conserver son statut bilingue.
La SSJBM s’oppose à de telles mesures, argumentant que la place du français recule quand des institutions se bilinguisent – donnant l’exemple du bilinguisme dans l’affichage. Aussi, un employeur peut communiquer avec son personnel en Anglais, l’anglais pouvant être requis pour plusieurs postes, et l’institution peut aussi engager des unilingues anglais.
L’Office ne s’attend pas à régler la question avant le printemps prochain. L’hôpital va sonder la langue d’usage de sa clientèle après Noël.

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