Article de Cédric Essiminy dans le Journal 24 h du 4 juillet 2009

Pour Mario Beaulieu, président de la Société Saint-Jean-Baptiste, ces petites anomalies démontrent un recul du français. «Les contraventions doivent normalement être émises en français. Ce sont des petits détails, mais une fois mis ensemble, cela devient inquiétant»

Laurence Nadeau a eu une bien mauvaise surprise lorsqu’elle est revenue du centre d’achat Rockland, à Ville Mont-Royal, vendredi dernier. Une contravention en anglais avait été posée sur le siège de son véhicule, car elle avait oublié d’en verrouiller les portes. À sa grande surprise, la description de l’infraction était écrite en français, sur un constat unilingue anglais. «Je suis resté bouche bée quand j’ai constaté cela», affirme la mère de trois bambins. «Je comprends la nature de l’infraction, mais je suis choquée de voir qu’on me sert ma contravention en anglais».

«Je comprends que ce n’est qu’un détail, mais je trouve que cela démontre une mauvaise foi», renchérit Laurent Gigon, le conjoint de Mme Nadeau. «Nous sommes au Québec. Nous sommes supposés être servis, et punis, en français».

Recul du français

Pour Mario Beaulieu, président de la Société Saint-Jean-Baptiste, ces petites anomalies démontrent un recul du français. «Les contraventions doivent normalement être émises en français. Ce sont des petits détails, mais une fois mis ensemble, cela devient inquiétant».

Madame Nadeau affirme avoir envoyé une copie à l’Office de la langue française, qui lui a stipulé que cette contravention devrait normalement être en français.

«Je suis consciente que ce détail ne changera pas l’amende à payer», affirme Mme Nadeau, «mais il me semble qu’en 2009, ce genre de situation ne devrait pas se produire».

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