Christian Rioux, Le Devoir, 25 mai 2012

[...] il faut être sourd pour ne pas comprendre que, par ces manifestations, le Québec clame son identité distincte, celle d’un modèle universitaire différent de celui du reste du Canada et des États-Unis.

«Nous sommes admiratifs du combat des étudiants québécois. Le fait que ces étudiants refusent cette vision marchande de l’éducation, c’est très important pour nous. Je ne sais pas s’ils gagneront, mais les choses ne seront plus jamais les mêmes après. » Ces mots ne sont pas ceux d’un gauchiste brandissant le drapeau rouge. Ce sont ceux du célèbre généticien Axel Kahn, venu se joindre, mardi à Paris, aux 200 personnes qui manifestaient leur soutien aux étudiants québécois sur la place Saint-Michel. [...]

Malgré tous les beaux discours moralistes sur la démocratie et le Parlement, sachons qu’il n’est pas toujours déshonorant pour une démocratie de reculer devant un mouvement de protestation qui manifeste une réelle désapprobation populaire. C’est encore plus vrai dans le contexte actuel du Québec, où personne n’a l’autorité morale pour lancer une réforme aussi fondamentale.

En 1984, François Mitterrand s’était grandi en annulant la loi Savary qui supprimait l’enseignement privé et avait réuni contre elle un demi-million de manifestants à Paris. Et pourtant, il avait toute la légitimité démocratique pour agir. Être démocrate, c’est aussi parfois savoir écouter la rue. Mais tous les dirigeants n’ont pas l’intelligence de François Mitterrand.

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