par Yves Chartrand | Le Patriote

J’ai eu l’occasion depuis environ deux ans de lire des livres, de visionner des films et de réfléchir sur l’identité québécoise.

quebecoiseJ’ai tout d’abord vu le documentaire « Québékoisie » de Mélanie Carrier et Olivier Higgins, deux jeunes cinéastes sur les routes de la Côte-Nord à la rencontre de Québécois à la peau blanche et à la peau rouge, et de parler avec eux de leur relation réciproque d’amour-haine. D’après des recherches récentes, la moitié des Québécois d’origine française auraient du sang amérindien. Après avoir vu ce film, je me suis dit que si la moitié d’entre nous avions du sang amérindien, alors notre rapport au territoire québécois et à notre histoire ne daterait non plus de 400 ans, mais de 10 000 ans, ce qui avouons-le est un grand changement au niveau de la perspective. Nous ne pouvons plus regarder de la même manière le fleuve Saint-Laurent, la forêt et les lacs québécois. Il serait peut-être temps d’accueillir cette partie de nous-mêmes si nous voulons devenir des êtres humains plus complets, bien dans leur peau et enracinés dans la terre d’ici.

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Olivier Higgins et Mélanie Carrier

 

connuJ’ai ensuite lu les deux tomes inspirés de la série radiophonique « Des remarquables oubliés » de Serge Bouchard et Marie- Christine Lévesque. Le premier porte sur des femmes et s’intitule Elles ont fait l’Amérique, et le second porte sur des hommes, Ils ont couru l’Amérique. Ces livres nous transportent dans la vie de femmes et d’hommes courageux, d’abord Français, puis Canadiens, ensuite Canadiens français, qui ont parcouru l’Amérique du Nord, d’est en ouest, et du nord au sud, et dont plusieurs s’établirent un peu partout, formant même pour certains d’entre eux, avec des Amérindiens, le peuple Métis. J’y ai découvert des femmes et des hommes remarquables, comme le dit si bien Serge Bouchard, qui ont marqué notre histoire et occupé mon imaginaire pendant des mois. Ils ont contribué à agrandir mon territoire imaginaire à la grandeur de l’Amérique du Nord.

 

reveJ’ai aussi vu à la télévision le documentaire « Un rêve américain », dans lequel le chanteur franco-ontarien Damien Robitaille parcourt les États-Unis d’un bout à l’autre, à la recherche de traces françaises – d’ailleurs fort nombreuses – et qui est même allé à la rencontre de lointains cousins en Californie. Il m’a donné le goût de traverser un de ces jours les États-Unis et de m’arrêter tout au long du voyage aux multiples lieux d’évocation de la présence française. Si nous avons beaucoup de cousins en France, nous en avons assurément une grande flopée au sud du 45e parallèle, quand ce n’est pas de la famille proche comme c’est mon cas.

 

empreinteFinalement, j’ai entendu parler du documentaire « L’empreinte », de Carole Poliquin et Yvan Dubuc, présenté aux rencontres du documentaire québécois l’automne dernier et qui était en salle cet hiver. Roy Dupuis assure la narration du film et je l’ai entendu, en entrevue, mettre en valeur l’influence des peuples amérindiens sur la culture québécoise. Il mentionne entre autres le coureur des bois, l’amour hors du couple, la façon d’éduquer les enfants, la recherche du consensus, etc. comme influences de la culture amérindienne sur nous. Il raconte que lorsqu’il a joué le rôle d’Alexis Labranche dans le film « Séraphin : Un homme et son péché » (Charles Binamé, 2002), il a découvert à travers ce personnage l’homme libre québécois hérité des coureurs des bois ensauvagés.

indiensDans une période où nous nous questionnons sur notre identité, sur nos valeurs communes, sur le vivre ensemble et sur le discours à renouveler sur l’indépendance du Québec, laissons-nous inspirer par nos origines amérindiennes et notre rapport à l’Amérique du Nord pour tracer notre chemin vers l’avenir. •••