Article de Catherine Fournier
paru dans le huffingtonpost 13 décembre 2013

[…] On y compte non seulement des Québécois, mais aussi des Métis, des Acadiens, des Français, des Suisses. De Bernard Landry à Luck Mervil, en passant par Guy Rocher, Charles Castonguay, Julie Snyder, Martine Desjardins, Robert Bob Sirois, Daniel Turp, Claude Meunier, Djemila Benhabib, Fred Pellerin, Paul Piché, Emmanuel Bilodeau, Guylaine Tremblay, Normand Lester, Gilles Proulx et autres, la palette de signataires est large et diversifiée. C’est avec honneur que j’ai, à titre de blogueuse et de présidente du Mouvement des étudiants souverainistes de l’Université de Montréal, également joint ma signature à cette imposante liste.

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Mais pourquoi une telle campagne? D’abord, parce qu’il est un devoir citoyen de dénoncer toutes formes de préjugés, d’insultes ou de menaces, qu’ils soient formulés à l’endroit de femmes, d’homosexuels, de musulmans, d’autochtones ou envers les francophones. Ensuite, parce qu’il est manifeste que le phénomène de la francophobie devient des plus inquiétants. Bien sûr, la chose était peut-être encore davantage répandue avant les années 1960, du temps des frogs et des peasoups lorsque les francophones étaient systématiquement exclus du monde des affaires, du commerce et de la finance. Si les années de la Révolution tranquille et celles post-loi 101 ont changé la donne, du moins au Québec, force est de constater que cette haine revient en force aujourd’hui.On a notamment pu en être témoin le soir du 4 septembre 2012, lors de l’élection du Parti québécois.[…]

 

Outre le geste de Richard Henry Bain ce soir-là – l’œuvre d’un déphasé, il va sans dire, mais doté d’une profonde signification politique -, des propos à glacer le sang ont été tenus sur les réseaux sociaux. Certains déploraient que le meurtrier ait raté sa cible. Par la suite a été créée la page «I hate Pauline Marois» sur Facebook. Une page sur laquelle les propos haineux et incitant à la violence abondent, le tout avec plus de 5 500 mentions «J’aime». Chez Facebook, on refuse d’ailleurs toujours de fermer cette page. Il a également été fort ardu d’arriver à faire fermer le groupe «The Lac Megantic Train Disaster Was Hilarious» l’été dernier

 

De surcroît, à chaque fois qu’un événement concernant la langue française est créé sur le célèbre réseau social, peu de temps s’écoule avant qu’on ait droit à un déferlement déchaîné d’animosité, jusqu’à décourager certains participants de s’y présenter, de peur que les menaces soient mises à exécution, et ce particulièrement depuis l’attentat au Metropolis. C’est très grave.

 

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