Québec doit stopper l’hémorragie plutôt que de l’accélérer

par Jean-François Roberge
JOURNAL LE PATRIOTE

 

Jean-François Roberge

Le Mouvement Québec français (MQF), par la voix de son président Maxime Laporte, exhorte le ministre de l’éducation et de l’enseignement supérieur (MÉES), Jean-François Roberge, à mettre un terme à l’érosion du statut du français dans l’enseignement collégial au Québec. En l’occurrence, le MQF dénonce l’instauration de nouveaux établissements collégiaux de langue anglaise destinés aux étudiants internationaux, de même que la mise en oeuvre de programmes « bilingues » permanents au collégial francophone.

M.Laporte a déclaré :« En voulant bonifier et normaliser l’offre de programmes « bilingues » ouen anglais au collégial francophone, le ministre Roberge se trouve à renier la promesse faite parson propre gouvernement de veiller au renforcement du statut du français, langue commune.Que des cégeps régionaux se voient autorisés à mettre en place des antennes anglophonesà Montréal pour y accueillir des étudiants étrangers, c’est d’une absurdité sans nom. En toutelogique, on ne peut pas laisser cours à une telle pratique tout en continuant de prononcer degrands discours sur l’importance du français et de la francisation… Il est parfaitement inacceptable que nos impôts servent à angliciser davantage l’espace public à travers nos propresinstitutions publiques. Il faut stopper l’hémorragie; colmater la brèche. Et la seule manière dele faire, c’est d’appliquer la loi 101 au cégep. Autrement, tel que déjà démontré par l’Institutde recherche sur le français en Amérique (IRFA), le français, langue commune, langue du travail, langue du commerce, langue de la consommation, etc., ne fera que continuer à régresser, encore et encore. »

Récemment, le chercheur Frédéric Lacroix a rapporté dans L’Aut’journal que le MÉES a permis au Cégep de la Gaspésie et des Îles d’ouvrir un campus montréalais destiné aux étudiants internationaux souhaitant faire leurs études collégiales en anglais. Pour l’année scolaire 2018-2019, le nombre d’inscrits s’élevait à 1583. Dans son article, M. Lacroix signale par ailleurs que le site Internet du campus n’est pas traduit en français. On y trouve une publicité qui fait état –en anglais seulement – des avantages de fréquenter une « institution publique » offrant desprogrammes pour lesquels il existe une forte demande de main-d’oeuvre, avec la possibilité des’installer au Canada (le Québec n’étant même pas mentionné). Cela en dit long sur le peu deconsidération portée au Québec et à sa langue commune…

Les visées derrière cette entreprise du Cégep de la Gaspésie et des Îles sont évidentes : il s’agit de profiter de la demande croissante de formations en anglais chez les étudiant internationaux, afin d’augmenter le financement public, – accordé au prorata du nombre d’inscrits –, en plus de favoriser le rayonnement international de l’institution. Comme les cégeps anglais raflent la presque totalité des étudiants internationaux à Montréal, un véritable marché ultra lucratif est en train de voir le jour. Si le ministre n’intervient pas rapidement, ce n’est qu’une question de temps avant que la situation ne dégénère.

Maxime Laporte a affirmé : « Le Québec français n’a rien à gagner à ce que Montréal devienne –encore davantage – une espèce de klondike pour étudiants internationaux en quête de formations post-secondaires en anglais… Pourquoi ne pas plutôt miser sur la francophonie internationale et sur la valorisation de nos établissements francophones ? Pourquoi ne pas stopperl’hémorragie en étendant enfin l’application de la loi 101 au réseau collégial ? En 2018, lesQuébécois ont élu un gouvernement qui promettait de renforcer le statut de notre langue. Leministre Roberge a donc le devoir d’agir en faveur du français et non de l’affaiblir ! »