Article de Kassandra Martel paru dans Hebdo Rive-Nord.com le 22 avril 2010.

L’ouverture d’une succursale The UPS Store sur le boulevard Brien a soulevé la controverse à cause de son nom entièrement anglais. La Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) s’oppose à cet affichage anglophone.
« Ce n’est pas qu’UPS ouvre une succursale qui nous dérange, mais c’est que l’ensemble de l’enseigne soit anglaise qui nous choque », affirme Claude Richard, membre actif de la SSJB, section Pierre-Le-Gardeur. Voilà ce qui a poussé cette association à envoyer une lettre à UPS et à faire une petite manifestation.

Rappelons que par le passé, la SSJB avait agit de même avec des compagnies comme Second Cup, Shoppers Drug Mart, Staples et autres. Ces compagnies ont modifié leur nom pour Les cafés Second cup, Pharmaprix et Bureau en gros. « Il y en a qui ne veulent rien savoir. D’autres font parfois des changements partiels ou complets », ajoute M. Richard.

Mme Claudine Belasky, une Repentignoise qui se dit fière de son entreprise, affirme qu’il n’y a que la marque de commerce qui est en anglais, tout le reste, soit l’affichage et le service, est en français. « Pour le propriétaire de la licence au Québec, David Decker, un québécois francophone, c’est important de servir la population dans sa langue. Par contre, le nom The UPS Store n’est qu’une marque de commerce. »

Elle est fière d’avoir investi dans sa ville natale et trouve déplorable la réaction de la SSJB. « Mon premier client est entrée ici en me disant “Dieu m’a écouté : enfin un UPS!” Il disait cela parce les services les plus proches sont Laval ou Montréal », raconte-t-elle. En plus, la SSJB lui aurait adressé une lettre relativement menaçante, l’accusant de ne pas respecter ses concitoyens. « Cette lettre m’était personnellement adressée, pourtant nous sommes deux propriétaires », dénonce-t-elle.
Une manifestation pour le français
Mardi, ils étaient 21 manifestants devant le magasin The UPS Store à prôner un usage plus conventionnel du français.
La SSJB, section Pierre-Le-Gardeur, appuyée par le mouvement Montréal français, a manifesté dans le stationnement de la succursale repentignoise. Plusieurs slogans proclamant une utilisation plus soignée du français ont été lancés.

Comme par le passé, la SSJB, par l’entremise de Claude Richard, prétend qu’elle relancera les protestations. « S’ils ne réagissent pas, il y aura d’autres manifestions », clame M. Richard.
Pas de Magasin des colis unifiés
Selon le siège social à Montréal, il n’y aurait pas lieu de voir un changement dans le nom de cette compagnie.

The UPS Store se dit conscient de ses droits et rappelle qu’il ne contrevient à aucune loi. C’est une marque de commerce qui a nécessité beaucoup d’investissement et le nom anglais leur importe peu.

Scott McKay, député péquiste pour la MRC de L’Assomption, s’en indigne. Dans sa lettre destinée à l’entreprise, il écrit : « En choisissant d’arborer le nom de The UPS Store, vous démontrez un manque flagrant de considération envers le caractère français de notre société et vous commettez envers elle un affront inacceptable. » Le député ajoute : « Ils ont manqué une bonne occasion de montrer leur intérêt face à leur clientèle. »

Le Parti québécois (PQ) déplore le dérapage imminent du français vers des dénominations anglaises. Il s’agirait, selon le PQ, d’un problème auquel il faut remédier. Scott McKay nuance : « On ne pourrait pas modifier la loi 101, car les dénominations commerciales sont régies par une entente internationale. On doit donc se tourner vers la pression populaire. »

« J’ai décidé de boycotter The UPS Store et j’en appelle à tous les gens de Repentigny », a conclu M. McKay.
Et la loi 101 dans tout ça?
En 1977, on instaurait la loi 101 qui fait du français la langue officielle de l’État. Cette loi consacre que le français doit être la langue utilisée dans l’affichage commercial. Un nom anglais comme celui de cette compagnie contrevient-il à cette loi?
Selon l’Office québécois de la langue française (OLF), il n’y a pas d’infraction à la loi 101 si le nom de la compagnie est enregistré, en anglais, à l’Office de la propriété intellectuelle du Canada. « Le nom ainsi enregistré devient une marque de commerce et devient une décision d’affaire de la compagnie de le traduire ou non », précise Martin Bergeron, porte-parole de l’OLF.

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