Guillaume St-Pierre  |  Journal de Montréal

 

OTTAWA | Le français va continuer son rapide déclin dans la prochaine décennie en Ontario si la province ne donne pas un sérieux coup de barre pour renverser la vapeur, prévient le chien de garde des Franco-Ontariens.

«La situation projetée est alarmante, signale dans son rapport annuel François Boileau, le Commissaire aux services en français de l’Ontario. Les projections sont là, inéluctables. Il importe d’agir dès maintenant.»

Selon les prévisions du Commissaire Boileau, dans le meilleur des mondes, les Franco-Ontariens peuvent espérer constituer environ 4% de la population ontarienne en 2028. Une baisse de 0,7% par rapport à aujourd’hui.

Il est donc impératif que la province se note d’un plan de match clair et ambitieux pour renverser la tendance, recommande-t-il.

 

Immigration

Dans l’état actuel des choses, la faiblesse de l’immigration francophone dans cette province et l’assimilation galopante empêchent le «renouvellement» de la population franco-ontarienne, déplore M. Boileau.

Le manque d’écoles francophones et «l’accès toujours limité aux services gouvernementaux en français» jouent aussi contre l’épanouissement de ces communautés, énumère-t-il.

«De manière générale, il importera d’augmenter l’attrait de la vie en français en Ontario en promouvant l’usage public de cette langue et des communautés qui la parlent», résume ce dernier.

L’immigration francophone constitue la principale planche de salut des Franco-Ontariens, note M. Boileau. La province avait reconnu ce fait en 2012 en établissant la cible de 5% d’immigration francophone. Ce quota n’a jamais été atteint, lui qui a plutôt oscillé autour de 2% dans les dernières années.

 

Assimilation

La transmission déficiente du français à la maison et le nombre important d’élèves francophones qui poursuivent leurs études en anglais favorisent l’assimilation. En Ontario, pas moins de 45,9 % des francophones finissent par adopter l’anglais comme langue parlée le plus souvent à la maison.

«Il devient impératif d’accroître les possibilités de formation en français», souligne M. Boileau.

 

 

 

 

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