LES PARTENAIRES POUR UN QUÉBEC FRANÇAIS

(Questions des Partenaires pour un Québec français aux chefs des principaux partis.)

À l’ouverture de la prochaine session parlementaire, 125 des quelque 880 personnes en lice pour l’élection du 3 octobre auront l’honneur de siéger à l’Assemblée nationale. Héritant du pouvoir législatif et, pour plusieurs, du pouvoir exécutif, ces gens disposeront de tous les leviers nécessaires pour renverser le déclin critique de notre langue nationale, le français, qui va en s’accélérant. – Ils auront le pouvoir… mais, en auront-ils le vouloir?

 

 

Plus criant que jamais, l’enjeu du destin linguistique du Québec et, plus pressent encore, du destin linguistique de notre métropole nationale, transcende les clivages partisans. Au vu des nouveaux chiffres dévoilés par Statistique Canada, plus personne ne saurait ignorer la gravité de la situation, et encore moins la nier. Le chercheur Charles Castonguay est catégorique : « Le point de bascule est […] derrière nous. L’anglicisation du Québec est désormais bien en marche. »

Loi 96

De l’avis des spécialistes, la loi 96 ne suffira pas, hélas, à inverser la tendance en cours. Malgré plusieurs avancées bénéfiques, la nouvelle donne juridique ne risque pas, en effet, de changer beaucoup de choses à la donne linguistique réelle. Œuvre inachevée, la réforme ne permettra pas, en elle-même, de mettre fin à la dynamique anglobilingue qui, bien ancrée dans notre réalité sociale et institutionnelle, anéantit tout espoir d’un environnement linguistique normal pour le français, langue commune au Québec. Nous pensons qu’il reste beaucoup à faire pour garantir le statut du français en tant que langue de l’État, de l’administration, du travail, de l’éducation, de l’intégration, du commerce, des télécommunications…

L’avenir du Québec français exige un parachèvement de cette réforme, à court terme, afin de compléter le travail accompli à ce jour.

En vue de ce énième – mais nécessaire – recommencement, nous, les Partenaires pour un Québec français, souhaitons adresser aux chefs des différentes formations politiques une série de questions :

Objectif

Primo, où vous situez-vous par rapport à la nécessité de prévenir tout recul additionnel de la vitalité démographique du français vis-à-vis de l’anglais au Québec, d’ici le prochain recensement? Que voulez-vous mettre en place pour valoriser l’utilisation du français? Souscrivez-vous à ces objectifs, ou à l’inverse, êtes-vous confortable à l’idée que le déclin se poursuive?

Les Québécois et Québécoises sont assurément en droit d’avoir l’heure juste à cet égard.

Moyens

Secundo, dans la mesure où vous souscrivez à ce qui vient d’être énoncé, avez-vous en main des expertises démontrant que vos propositions en matière linguistique permettront d’atteindre l’objectif en question?
Par ailleurs, jusqu’où êtes-vous prêts à aller, politiquement, pour lever tous obstacles à l’atteinte de cette cible?

Une discussion démocratique décisive

Tertio, vous engagez-vous formellement à dénoncer les campagnes de peur et de désinformation menées par certains groupes hostiles à la loi 101? Vous engagez-vous à mettre en place les conditions d’une discussion démocratique qui privilégie les faits et les données?
Dans la foulée, pouvons-nous compter sur vous pour réitérer sans ambiguïté le caractère inclusif et universaliste de ce combat?

Enfin, reconnaissez-vous le droit inaliénable du Québec à la légitime défense linguistique, face aux innombrables manœuvres de torpillage constitutionnel de la loi 101, qui, déjà, reprennent de plus bel devant les tribunaux?

 

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Nous avons hâte de connaître vos plans d’action.

Les Partenaires pour un Québec français*

Caroline Senneville, présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN)

Éric Gingras, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

Mélanie Hubert, présidente de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE)

Christian Daigle, président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ)

Lydia Martel, présidente par intérim du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)

Maxime Laporte, président du Mouvement Québec français (MQF)

Marie-Anne Alepin, Présidente générale de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal

Thérèse David, présidente du Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ)

Jacques Girard, président de la Fondation Lionel-Groulx (FLG)

Étienne-Alexis Boucher, président de Droits collectifs Québec (DCQ)

 

*Vaste coalition réunissant organisations syndicales et acteurs clés du mouvement national, les Partenaires pour un Québec français (PQF) ont pour but de faire du français, la véritable langue officielle et commune au Québec.