Philippe Orfali | Journal de Montréal

 

L’Université de l’Ontario français n’est plus, le Commissariat aux services en français de l’Ontario, non plus. Le gouvernement Ford a signé l’arrêt de mort de ces institutions franco-ontariennes jeudi avec l’adoption du projet de loi 57 à Queen’s Park.

Jusqu’à la dernière seconde, les Franco-Ontariens auront conservé espoir de voir le gouvernement conservateur revenir sur sa décision. En vain.

Le projet de loi a été adopté grâce à la confortable majorité dont jouissent les conservateurs à l’Assemblée législative de l’Ontario.

Le Nouveau parti démocratique (NPD), le Parti libéral, le Parti vert et la députée indépendante Amanda Simard, qui a claqué la porte du Parti conservateur la semaine dernière en raison de ces compression, ont tous voté contre.

Députée d’Orléans, en banlieue d’Ottawa, la libérale Marie-France Lalonde ne cachait pas sa colère. « C’était rendu une réalité, l’Université de l’Ontario français. Les programmes étaient élaborés, le site avait été choisi, on avait une charte, des employés. Le train était démarré », s’est-elle exclamé, de l’Assemblée législative.

« C’était un budget de 85 millions $ sur 8 ou 9 ans, et on savait que le fédéral était prêt à aider », a-t-elle plaidé.

«Je n’arrive pas à croire que je suis ici en Chambre, en 2018, pour dénoncer des coupures, ce recul significatif pour la francophonie.»

 

Manifestations monstre

Samedi dernier, ils étaient près de 14 000 à manifester dans les rues de l’Ontario pour dénoncer ces compressions.

Le gouvernement a tenté de répondre à la grogne en créant un poste de chien de garde des services en français, mais sous l’autorité de l’ombudsman provincial. Il a aussi rétabli le ministère des Affaires francophones, sans financement additionnel toutefois, et s’est engagé à rembaucher un conseiller aux affaires francophones au sein du bureau du premier ministre.

Ces gestes, qualifiés de « symboliques » par les organisations franco-ontariennes, ont été jugés insuffisants.

Un collectif d’une cinquantaine de juristes franco-ontariens travaille actuellement à élaborer une riposte judiciaire à ces compressions, qu’ils qualifient d’«anti-francophones».

 

 

 

 

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