Article de Christian Rioux publié dans Le Devoir le 9 décembre 2011

Au moment où le mythe du bilinguisme canadien vole en éclats et où la loi 101 fuit de partout, les Québécois auraient intérêt à s’inspirer de l’unilinguisme strict que pratiquent la Flandre et la Wallonie. Il est évidemment question ici d’unilinguisme institutionnel et non pas individuel, puisque Wallons et Flamands sont souvent bilingues, sinon trilingues. Ce qui ne les empêche pas d’appliquer un régime rigoureux de séparation linguistique. Le cas de Bruxelles est à part puisque le bilinguisme vise à protéger les Flamands dans leur propre capitale, où ils représentent à peine 20 % des habitants. Pour le reste, la seule langue de l’administration flamande est le néerlandais et celle de l’administration wallonne, le français. Ici, pas de messages bilingues sur les répondeurs ou de services dans une autre langue pour les immigrants. Même les francophones qui habitent la Flandre sont généralement servis en néerlandais. Pour recevoir des formulaires en français, ils doivent parfois en faire la demande expresse par écrit.

Si le Québec était indépendant, il pourrait probablement faire comme les Pays-Bas et demeurer plus permissif sur ces questions. Mais une minorité nationale n’a pas vraiment le choix de demeurer intraitable. Aujourd’hui, le Québec se catalanise au lieu de se flamandiser. S’il doit choisir de rester dans le Canada, il devra se résoudre un jour ou l’autre à des régimes linguistiques de plus en plus séparés.

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