Gravel le matin – RADIO-CANADA

Le 25 avril 1849, un feu ravageur emportait le parlement de Montréal. Depuis 170 ans, le mystère planait à savoir comment l’incendie s’était déclaré. La découverte d’un document inédit répond à cette question historique. Hugo Lavoie y a eu accès.

L’histoire de l’incendie du parlement de Montréal a toujours été attribuée aux tories, ce groupe politique anglophone dont les pouvoirs étaient de plus en plus réduits. Or, ce que nous n’avons jamais su, c’est si le feu avait volontairement été mis au bâtiment de la place d’Youville, ou s’il s’agissait d’un accident.

Les fouilles archéologiques effectuées sur le site par le Musée Pointe-à-Callière ont mis la puce à l’oreille à la directrice du Service des archives et des collections des Sœurs grises de Montréal, Mylène Laurendeau. Le bâtiment des Sœurs grises de Montréal étant situé juste en face d’où était situé l’ancien parlement de Montréal, l’archiviste s’est dit qu’elle devait avoir, de son côté, des informations supplémentaires à ce sujet.

Ses recherches ont porté leurs fruits, encore plus qu’elle ne l’espérait. Mylène Laurendeau a mis la main sur un récit de l’incendie du parlement de Montréal écrit par les Sœurs grises. Elles ont été les témoins de toute la scène.

 

Des témoins clés

Ayant elles-mêmes peur que leur édifice brûle, elles se sont agglutinées devant la fenêtre donnant sur le parlement en flammes.

Voici un extrait du document :

« Mais quel spectacle horrible. Elles aperçurent à la lueur des fanaux une multitude immense de monde formant un cercle autour du parlement. Les uns étaient armés de longs bâtons à l’aide desquels brisaient les châssis qui, en tombant, faisaient un bruit épouvantable. Les autres jetaient de grosses pierres à l’intérieur de la maison. D’autres mettaient le feu à tous les coins avec des torches allumées. Tout le vacarme s’exécutait avec un fracas et une rapidité extraordinaire. En sorte qu’en moins de trois quarts d’heure, ce vaste édifice était d’un bout à l’autre en proie aux flammes. »

Des documents d'archives écrits à la main sur un comptoir en bois.
Le récit des Sœurs grises de Montréal sur l’incendie du parlement de Montréal en 1849 Photo : Radio-Canada/Hugo Lavoie

 

Cet extrait dévoile, entre autres, que les tories ont intentionnellement mis le feu au parlement. Le récit ne s’arrête pas là.

Des auteurs de l’incendie regardaient avec un plaisir diabolique l’action de la flamme qui consumait le parlement. Lorsqu’enfin, par une autorité majeure, on parvient à écarter la foule et faire entrer les pompes dans la cour. Par une malice infernale, ils coupèrent adroitement les longs tuyaux en cuirs, de sorte qu’au moment de l’opération, les pompiers se retrouvèrent dans l’impuissance d’agir.

 Les Soeurs grises de Montréal

Les Soeurs grises se sont mises à prier saint Amable, un protecteur de la maison, pour que le feu épargne leur résidence.

« Dans le moment où tout était au point le plus désespérant, le vent qui, comme il a été dit, poussait avec violence le feu sur la maison prit à l’instant même une direction tout opposée. Tous s’écrièrent que le danger avait cessé. »

 

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