Article de Jennifer Guthrie paru dans le journal Metro le 9 avril 2010.

Des groupes militant pour la défense de la langue française organisent diman­che un grand rassemblement afin de presser le gouvernement de Jean Charest à légiférer sur les écoles passerelles qui con­tournent la Loi 101. Initié par la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) et 25 de ses partenaires, le rassemblement doit permettre aux Québécois «de passer à l’offensive», a expliqué Mario Beaulieu, président de la SSJB.

Cette offensive est liée au jugement de la Cour su-prême qui a invalidé, en octobre, la Loi 104. Cette loi visait à colmater une brèche dans la Loi 101 qui permettait aux enfants, surtout allophones, d’utiliser des écoles anglaises privées non subventionnées pour accéder au réseau public anglophone.

«Il y a trois ministres qui travaillent sur les conditions qui doivent être remplies pour rendre viable le jugement de la Cour suprême, a indiqué le porte-parole en matière de langue du Parti québécois, Pierre Curzi. Mal­heureusement, ce travail est stérile parce que la seule solution est de faire en sorte que la Loi 101 ferme l’accès aux écoles passerelles. Mais je ne suis pas convaincu que le gouvernement travaille dans ce sens.» M. Curzi souhaiterait un renforcement de la Loi 101 afin de freiner l’anglicisation de Montréal.

Textes marquants
Le rassemblement de di­manche sera l’occasion pour plusieurs artistes et politiciens de lire des textes marquants de l’histoire du Québec ainsi que quelques classiques. «Le message que nous allons lancer ne s’adresse pas aux anglophones ni aux allophones, mais aux francophones, a soutenu le comédien Denis Trudel, qui animera le rassemblement. Il faut que les six millions de francophones du Québec comprennent que le jour où ils vont arrêter de répondre en anglais à une question qui leur est posée en anglais, le problème sera réglé.»

Mario Beaulieu a insisté sur l’importance pour les Québécois de se réapproprier leur langue et de se mobiliser pour faire respecter leurs droits. «La question linguistique est taboue depuis plusieurs années, a-t-il rappelé. Ce rassemblement va permettre aux Québécois de revisiter leur histoire et de mieux comprendre les enjeux cruciaux de l’importance des mesures scolaires de la Loi 101.»

Anglicisation
Le député péquiste Pierre Curzi a affirmé que l’anglicisation de Montréal constitue un problème sérieux. «En 2006, 138 000 personnes, dont 20 000 francophones, ont adopté l’anglais comme langue d’usage, a-t-il indiqué. Ce phénomène est en partie contré par la Loi 101, mais pas suffisamment pour que l’équilibre soit maintenu.» M. Curzi a expliqué avoir pensé à des solutions, mais il refuse de les rendre publiques avant que la population admette que le problème de l’anglicisation existe.

Le rassemblement a lieu dimanche, à 13 h, au Monument National.

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