Article de Marilène Pilon publié dans Globe.ca le 4 janvier 2012

En ce début d’année 2012, je me questionne sur l’ambition des Québécois sur le plan de la souveraineté. Je me demande si le 40 % toujours souverainiste est en réalité souverainiste. J’aime sortir des sentiers battus alors je partage mes réflexions pour mon petit bonheur et pour m’enrichir des vôtres. Je m’explique.

Parfois, désirer quelque chose demeure plus excitant que de posséder ladite chose. Par exemple, un enfant peut désirer au plus haut point le dernier jeu vidéo tout chaud qui sortira de l’usine dans 6 mois pour le délaisser après quelques semaines, voire quelques jours. Pourtant, il vous en a parlé pendant des semaines de ce fameux jeu. Je me demande si la souveraineté demeure simplement désirée ou si elle passionne le 40 %.
photo Globe

Avec Stephen Harper majoritaire à Ottawa, la situation fédérale reste toute indiquée pour promouvoir la souveraineté avec force, puissance, planification, arguments : dénonçons la colonisation, l’armée “royale”, les F-35, le retrait de Kyoto, l’omniprésence de l’unilinguisme anglophone alors que le Canada est supposé avoir 2 langues officielles. Sur le plan provincial, Jean Charest cumule folies par-dessus vols avec la corruption, les hausses de taxes, des coûts d’électricité, des frais de garderie et le vol de nos ressources avec son plan Nord. J’espère ne pas être la seule à voir que le fédéral et le provincial font tout pour alimenter la flamme souverainiste.

Cependant, à la place, nous plaçons un parti fédéraliste centralisateur en force à Ottawa avec plusieurs députés unilingues anglophones et le vote souverainiste se divise sur la scène provinciale avec l’arrivée d’Option Nationale et de Québec Solidaire. Nous sommes si près du but, de la souveraineté, sauf que nous sommes occupés à dépenser de l’énergie dans le mauvais sens tout en divisant le vote qui nous éloigne du pouvoir.

Alors, je me pose la question : la voulons-nous vraiment la souveraineté? Je me demande si nous ne préférons pas réinventer la roue à chaque 30 ans pour être certains que nous n’aurons jamais notre pays. Nous créons ainsi l’excuse que nous ne réalisons pas ce projet faute d’avoir le pouvoir, faute d’avoir une grande voix à l’Assemblée Nationale.

Mille et un prétextes existent pour faire semblant de différencier les opinions constitutionnelles du Parti Québécois, de Québec Solidaire, d’Option Nationale et du Parti Indépendantiste. Nous ramons tellement dans tous les sens possibles afin de tenter de dénoncer l’autre qui n’est pas aussi souverainiste que l’un que nous faisons du surplace avec une énergie dépensée pour rien.

Par conséquent, je me demande si, inconsciemment, nous préférons rester colonisés, soumis, écrasés, surtaxés parce qu’il reste quelque chose dans le réfrigérateur et que nous avons le ventre plein. Nous semblons préférer que le fédéral et le provincial nous volent et nous écrasent, nous semblons contents. Si ce n’est pas le cas, il y a une lumière qui devrait s’allumer là.

Je suis passionnée par la souveraineté et je compte bien continuer de la promouvoir parce qu’elle demeure un magnifique projet et que ses opposants n’ont pas encore réussi à me faire changer d’idée.

Voir dans Globe.ca


   Articles pertinents :