La pendaison de Louis Riel, le 16 novembre 1885, met un terme dramatique aux efforts héroïques des Métis de l’Ouest pour défendre leur culture, catholique et francophone, contre le rouleau compresseur de la colonisation anglo-protestante dans l’Ouest canadien.

Né sur la rivière Rouge, Louis Riel est éduqué à Montréal avant de revenir dans les Prairies. Dès 1869, le jeune leader forme le Conseil national métis, réunissant tant des colons blancs et des Autochtones que des Métis, afin de garantir les droits territoriaux des premiers occupants. Il prend ensuite la tête de la Rébellion de la Rivière Rouge et négocie l’entrée du Manitoba dans la Confédération en 1870. Élu député à la Chambre des communes, Riel doit s’exiler aux États-Unis parce qu’il est accusé du meurtre de Thomas Scott, exécuté par le « gouvernement provisoire » qu’il a mis sur pied en 1869.

Riel réapparaît en 1885 quand les Métis requièrent à nouveau ses services pour prendre la tête d’un soulèvement, cette fois en Saskatchewan où les Métis et les Amérindiens viennent de subir plusieurs revers. Au terme de la bataille de Batoche, le 12 mai 1885, Louis Riel est arrêté.

 

Le premier ministre MacDonald reçoit d’innombrables demandes de pardon, notamment de la province de Québec, mais devant les pressions venant de l’Ontario, il laissera le processus suivre son cours : « Il sera pendu, même si tous les chiens du Québec aboyaient en sa faveur. »


Et il le sera quelques mois plus tard, au terme d’un procès mené devant six jurés seulement, tous anglo-britanniques.

Les Métis ne s’en remettront pas. Dispersés et persécutés, ils voient leurs droits progressivement bafoués, y compris dans la province du Manitoba.

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Lewis H. Thomas, « RIEL, LOUIS (1844-1885) », Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11 (1881-1990), en ligne.

« Le procès de Louis Riel », Société historique de Saint-Boniface, Centre du patrimoine, en ligne.