Il est sidérant de voir des ténors de notre mouvement indépendantiste poser en complices objectifs du néocolonialisme canadien et des visées pétrocratiques d’Ottawa, de Bay Street et des provinces de l’Ouest… Aurait-on perdu de vue la véritable nature de ce régime « fédéral », érigé à même l’écrasement et la dépossession des peuples de ce continent, nous y compris ? Qu’il suffise de songer aux effets historiquement dévastateurs de la construction du Canadien pacifique, – raison même de la création du Canada -, sur les Métis de Louis Riel…

Car, oui, tel est le véritable fondement de ce système économique canadien qui, depuis, n’a eu de cesse de nous imposer ses diktats. En voulant relier les océans, le Dominion n’aura fait qu’y noyer nos aspirations. Depuis l’époque des canaux jusqu’au transport aérien en passant par la voie maritime et les pipelines, tous ces grands ouvrages auront permis à cet État pourtant artificiel de se maintenir et de se renforcer, cela par la centralisation méthodique de tous les principaux pôles de décision, au mépris de nos intérêts et, bien souvent, au mépris de la vie humaine elle-même.

Quoi qu’il en soit, quand on sait que la GRC était prête, tout récemment, à ouvrir le feu sur nos frères et sœurs autochtones de Colombie-Britannique, je ne vois aucune raison qui puisse justifier, moralement ou politiquement, le genre de posture réactionnaire qui, ces derniers jours, s’exprime dans nos rangs.

Puissions-nous donc retrouver en nous ce sens de la solidarité qui a déjà fait notre fierté nationale, et qu’il s’agira d’éclairer, ou de rééclairer au besoin, à la lumière des grandes paix et autres alliances porteuses de notre histoire…

Enfin, puissions-nous aussi revisiter la richesse de la pensée décoloniale des D’Allemagne, Chartrand, Falardeau, entre autres… Décidément, ceux-là, ils nous manquent, et pas à peu près.

 

Signature Maxime Laporte

Me Maxime Laporte
Président général, Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal