Article de Malorie Beauchemin paru dans le quotidien La Presse du 12 février 2009.

(Ottawa) La controverse suscitée par la commémoration de la bataille des plaines d’Abraham cause un profond malaise chez les conservateurs, le ministre Jean-Pierre Blackburn allant jusqu’à laisser entendre que la Commission des champs de bataille nationaux devrait peut-être refaire ses devoirs, tant le projet «n’est pas rassembleur».

Hier, les députés et ministres du gouvernement de Stephen Harper se sont rangés derrière les arguments du Bloc québécois, qui réclamait que le responsable de l’organisation de l’événement, André Juneau, vienne défendre son projet de commémoration devant le comité du Patrimoine.

Une motion en ce sens, présentée par la bloquiste Carole Lavallée, a été adoptée à huis clos, avec l’appui des conservateurs, a appris La Presse. M. Juneau devra témoigner devant le comité, probablement le 25 février.

Depuis deux semaines, la commémoration soulève un véritable tollé. L’ensemble du mouvement souverainiste, la Société Saint-Jean-Baptiste, Impératif français et même certains artistes comme Pierre Falardeau ont dénoncé l’événement, certains promettant même de perturber la reconstitution prévue. Il est aberrant, selon eux, de «célébrer» la défaite française aux mains des Anglais.

(Ottawa) La controverse suscitée par la commémoration de la bataille des plaines d’Abraham cause un profond malaise chez les conservateurs, le ministre Jean-Pierre Blackburn allant jusqu’à laisser entendre que la Commission des champs de bataille nationaux devrait peut-être refaire ses devoirs, tant le projet «n’est pas rassembleur».

Hier, les députés et ministres du gouvernement de Stephen Harper se sont rangés derrière les arguments du Bloc québécois, qui réclamait que le responsable de l’organisation de l’événement, André Juneau, vienne défendre son projet de commémoration devant le comité du Patrimoine.

Une motion en ce sens, présentée par la bloquiste Carole Lavallée, a été adoptée à huis clos, avec l’appui des conservateurs, a appris La Presse. M. Juneau devra témoigner devant le comité, probablement le 25 février.

Depuis deux semaines, la commémoration soulève un véritable tollé. L’ensemble du mouvement souverainiste, la Société Saint-Jean-Baptiste, Impératif français et même certains artistes comme Pierre Falardeau ont dénoncé l’événement, certains promettant même de perturber la reconstitution prévue. Il est aberrant, selon eux, de «célébrer» la défaite française aux mains des Anglais.

En entrevue à La Presse, le ministre québécois Jean-Pierre Blackburn n’a pas voulu condamner l’événement, mais il rejette la responsabilité de toute cette controverse sur le groupe organisateur, la Commission des champs de bataille nationaux.

«Est-ce que je souhaite qu’ils annulent l’événement? C’est une décision qui appartient à la Commission. Mais les autorités doivent mesurer les impacts. Ça doit être un événement rassembleur et actuellement ce n’est pas le cas», a dit le ministre, rappelant que la Commission a le mandat de «faire des événements sur les plaines d’Abraham qui plaisent aux citoyens».

À mots couverts, le ministre a suggéré que les organisateurs de l’événement pourraient «penser à quelque chose d’autre» que l’événement contesté.

»Récupération politique»

Le ministre Blackburn accuse le mouvement souverainiste de faire «une récupération politique à des fins purement partisanes pour promouvoir leur thèse de l’indépendance du Québec». Mais du même souffle, il estime que la Commission des champs de bataille nationaux devrait prendre en considération tout le débat soulevé.

«Dans les circonstances, on doit se demander si c’est un événement rassembleur et qu’est-ce qui en est du côté de la sécurité», a dit M. Blackburn.

«Il y a tant de choses à souligner dans notre pays qui peuvent être des vraies fêtes, qui ne suscitent pas la controverse et qui sont rassembleurs», a ajouté le ministre.

Bien qu’il soit personnellement touché par l’événement puisqu’un de ses ancêtres Blackburn aurait servi dans l’armée du général Wolfe, pas question pour le ministre d’assister aux commémorations. «Non, parce que c’est un événement qui suscite la controverse et ça ne me plaît pas de m’embarquer dans une chose comme ça», a conclu Jean-Pierre Blackburn.

Cette position tranche avec celle de la ministre des Affaires intergouvernementales, Josée Verner, qui, fin janvier, défendait bec et ongles l’événement et réitérait alors sa pleine et entière confiance en André Juneau.

Son collègue Christian Paradis, lieutenant politique de Stephen Harper pour le Québec, a lui aussi déjà annoncé qu’il n’assisterait «carrément pas» à la commémoration.

La députée bloquiste à l’origine de la motion, Carole Lavallée, se réjouit qu’une majorité de parlementaires aient voulu entendre les explications d’André Juneau, que le Bloc accuse de vouloir faire, avec cet événement, la promotion du fédéralisme.

«C’est une autre étape vers l’annulation de l’événement», a dit espérer Mme Lavallée.

Lire l’article dans le site Internet de La Presse


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