Article de Jessica Paradis paru dans 7 Jours le 10 mars 2010.

Le journaliste Christian Rioux, chroniqueur du quotidien Le Devoir établi à Paris, a reçu le prestigieux prix Olivar-Asselin, lors d’une conférence de presse tenue mercredi dernier, en présence de M. Mario Beaulieu, président général de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB).

«C’est avec fierté que le conseil général de la Société Saint-Jean-Baptiste décerne le prix Olivar-Asselin à monsieur Christian Rioux, en reconnaissance de son indépendance d’esprit, de la qualité et de la rigueur de ses chroniques et, notamment, de son analyse percutante des questions identitaires et du dossier linguistique au Québec vus dans une perspective internationale», a déclaré Mario Beaulieu. «Ses textes réussissent à rassembler les Québécois autour du constat que la langue et la culture nationale au Québec constituent une richesse à préserver et que si le français venait à disparaître en Amérique du Nord, ce serait un pan entier de la diversité humaine qui viendrait à sombrer dans la fosse de l’oubli».

Libre penseur

Normand Lester, dernier récipiendaire du dernier prix, en 2000, est celui qui a remis la médaille d’honneur à Christian Rioux. «Je venais de quitter Radio-Canada, dans des circonstances difficiles, à cause que j’avais publié Le Livre Noir du Canada anglais, quand j’ai reçu le prix, et je pensais que je serais le dernier», s’est rappelé M. Lester. «Christian Rioux est intéressant à cause de l’intelligence et de la justesse de ses propos. Il n’a pas peur de dire les choses comme elles sont et il y en a de moins en moins, dans la communauté journalistique, qui font ce qui est essentiel au journalisme. Pour moi, Christian Rioux incarne ce journalisme.»

«C’est un grand honneur de recevoir ce prix aujourd’hui, parce qu’Olivar Asselin est un grand journaliste, qui a parcouru le monde et qui a essayé de l’expliquer aux Québécois, ce que, à ma mesure, j’essaie de faire aussi», a dit Christian Rioux, en acceptant la médaille. «J’essaie de regarder le monde avec des yeux de Québécois et de faire servir ce que je vois en Europe à notre débat, ici au Québec. En plus, ça arrive l’année du centenaire du Devoir. C’est une belle coïncidence!»

Journaliste à la plume engagée, Christian Rioux considère que le dossier prioritaire au Québec est celui de «libérer la parole», tout comme en témoigne la philosophie du Devoir: «libre de penser». Il s’explique: «Quand je lis, au Québec, je trouve que, souvent, on a peur de parler. Les choses doivent être dites, mais, souvent, on culpabilise les Québécois. Il ne s’agit pas d’admettre n’importe quelle déclaration, mais il faut s’exprimer. C’est le jour où on le fera qu’on pourra réaliser si ça a du sens ou non, se transformer ou défendre nos idées. Je trouve que nos débats sont trop enfermés dans une espèce de rectitude politique, où on n’ose plus et où on se débat comme des avocats. On est des êtres humains et il faut débattre de notre culture avec nos sensibilités».

Christian Rioux a par ailleurs écrit un essai sur les petites nations, ainsi que Carnets d’Amérique, parus chez Boréal. Il a également publié un recueil de poésie, aux Écrits des Forges.

Outre le prix Olivar-Asselin, il a remporté de nombreux prix dans sa carrière, dont celui du Texte de l’année, de l’Association québécoise des éditeurs de magazine (1992), le prix Jules-Fournier, décerné par le Conseil de la langue française du Québec, en 2001, la Plume d’or de l’Association française de la presse étrangère, en 2008, et le Prix Judith-Jasmin, dans la catégorie Opinion, en 2009.

Le prix Olivar-Asselin

Le Prix Olivar-Asselin a été créé en 1955 et est nommé en l’honneur de l’un des plus grands journalistes québécois, qui a marqué le début du 20e siècle avec ses chroniques aussi virulentes que nécessaires, qui ont façonné le mouvement nationaliste. Il est décerné, tous les trois ou quatre ans, à «une personne qui s’illustre dans le domaine du journalisme et qui contribue, par son engagement, à l’avancement culturel et politique québécois».

Parmi ses précédents récipiendaires figurent notamment René Lévesque (1957), René Lecavalier (1959), Judith Jasmin (1972), Bernard Derome (1981) et Michel Roy (1990).

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