Article de la Presse Canadienne paru dans Le Devoir, édition du 17 novembre 2009.

L’auteur-compositeur-interprète Daniel Boucher et l’écrivain Yves Beauchemin ont joint leurs voix à celles des représentants du mouvement souverainiste et de groupes de défense de la langue française qui militent contre le récent jugement de la Cour suprême du Canada sur la loi 104.

Le mois dernier, le plus haut tribunal du pays a déclaré inconstitutionnels les articles de cette loi interdisant le tour de passe-passe des parents qui inscrivaient temporairement leurs enfants dans des écoles non subventionnées par l’État afin de leur «acheter» le droit de passer ensuite dans le système anglophone subventionné. La loi 104 devait ainsi servir à colmater une brèche de la loi 101.

L’opposition officielle péquiste a réclamé vendredi dernier que le gouvernement de Jean Charest étende les dispositions de la loi 101 aux écoles privées non subventionnées et qu’il se prémunisse contre toute contestation future en invoquant la clause dérogatoire.

Les deux artistes ont eux aussi réclamé de Québec qu’il ait recours à cette clause, hier, à Montréal, lors d’une conférence de presse organisée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, en présence des dirigeants d’Impératif Français, du Mouvement Montréal français et des Intellectuels pour la souveraineté.

Yves Beauchemin a déploré que «sept juges non élus, nommés par Ottawa, qui s’appuient sur une Constitution qui a été imposée de force au Québec», aient pu bafouer une loi adoptée à l’unanimité par les membres de l’Assemblée nationale.

Il a estimé que la Cour suprême, dans ce dossier, n’a aucune légitimité.

Daniel Boucher a pour sa part affirmé en avoir assez de voir ceux qui défendent le français être taxés de fermeture et se faire demander s’ils ne réagissent pas de manière excessive.

Il a dit croire que, «le jour où chaque Québécois parlera français», on ne posera plus ces questions.

Aussi présent, l’ancien président de la CSN, Gérald Larose, a déclaré que la décision de la Cour suprême constituait «une sonnette d’alarme» pour mener un combat politique contre «les trouillards», voire «les crosseurs» (sic). Il visait au premier chef le premier ministre Charest et la ministre responsable de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre.

Aucun des intervenants n’a accepté de faire une déclaration en anglais à l’intention du public anglophone. Daniel Boucher a expliqué que se prêter à cette demande irait directement à l’encontre de ce qu’il prêche.

Quelques heures plus tard, les porte-parole d’autres organisations, dont les grandes centrales syndicales et le Parti québécois, devaient se joindre à eux à l’occasion d’un rassemblement tenu au Musée Juste pour rire.

Lire l’article dans le site Internet du Devoir


   Articles pertinents :