Article paru dans le site Internet de LCN le 18 septembre 2010.

Luc Picard, Michel Rivard, Daniel Boucher, Marie-Denise Pelletier, les Loco Locass, le député Pierre Curzi, Ivy et les Zapartistes comptent parmi les artistes et personnalités qui monteront sur scène dans le cadre du rassemblement « Notre langue n’a pas de prix – la loi 101 n’est pas à vendre! », ce samedi soir, au Centre Pierre-Charbonneau, à Montréal.
Le spectacle gratuit, organisé par la Coalition contre la loi 103, s’inscrit dans l’offensive contre le jugement de la Cour suprême rendu en octobre 2009, qui a invalidé certaines dispositions de la loi 101 limitant l’accès aux écoles anglophones.

Le spectacle sera un peu comme une grande fête du français, parce que j’ai l’impression que la population a une image un peu plate des défenseurs de la langue française, a expliqué le comédien Denis Trudel, à qui l’on a confié la mise en scène de l’événement. Nous allons essayer de casser cette image. Nous allons montrer aux gens que nous pouvons avoir du plaisir en français. »

Pour les artistes invités Daniel Boucher et Marie-Denise Pelletier, participer à cet événement semblait tout naturel puisqu’ils se disent tous deux préoccupés par la survie de la langue française au Québec.

« Je pense que nous avons perdu le réflexe de continuer à parler en français lorsque nous sommes devant quelqu’un qui parle anglais, a affirmé Daniel Boucher. Au-delà de la loi, au-delà des juges, je pense que le fait de vivre en français, c’est dans la rue que ça se passe d’abord et avant tout. J’espère que les gens vont comprendre qu’à partir du moment où l’on choisira le français, il n’y aura plus de batailles. »

« Je suis très fière d’être francophone dans cet océan anglophone qu’est l’Amérique, a dit Marie-Denise Pelletier. Pour moi, la langue et la culture sont des choses indissociables. Je trouve que nous avons perdu un peu de la fierté de ce que nous sommes. »

Un projet de loi controversé

La Cour suprême du Canada a invalidé la loi 104 en octobre 2009, une mesure adoptée sept ans plus tôt par le gouvernement péquiste de Bernard Landry pour éliminer la ruse des « écoles passerelles », permettant à des milliers de parents non anglophones de réclamer le droit à une éducation en anglais pour leurs enfants.

Une fois cette décision rendue, la Cour suprême a ordonné à Québec de mettre en place un nouveau cadre réglementaire ou législatif.

C’est ce qui a amené le gouvernement Charest à déposer le projet de loi 103, qui prévoit l’adoption d’une liste de critères selon lesquels des élèves francophones ou allophones pourraient intégrer le système public anglophone après un passage au privé.

Le projet a suscité le mécontentement de nombreux organismes, ce qui a incité la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB) à créer la Coalition contre la loi 103.

« Nous espérons que le spectacle va nous aider à donner un nouveau souffle au mouvement pour le français, a déclaré Mario Beaulieu, président général de la SSJB. Nous pensons que ça prend une mobilisation générale de tous les organismes de la société civile et de tous les citoyens pour contrer le recul du français au Québec. Aujourd’hui, nous sommes au pied du mur. Il faut avancer pour faire du français la langue commune à Montréal. C’est essentiel pour assurer la survie du français dans l’ensemble du Québec. »

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