Lettre d’Yves Beauchemin paru dans Rue Frontenac.com le 22 janvier 2011.

Moins il y a de décideurs, plus les projets et les changements d’orientation sont faciles à mettre en œuvre. Or plusieurs des nouvelles orientations du Mouvement Desjardins soulèvent des inquiétudes. Au lieu d’aller dans le sens de la loi 101 et de faire servir ses milliards d’actifs et son puissant réseau de caisses à la promotion du français comme langue commune – une langue fragile parlée par moins de 2% des locuteurs en Amérique du Nord -, le Mouvement Desjardins pratique de plus en plus un bilinguisme institutionnel aligné sur la loi fédérale des langues officielles.

Ce bilinguisme toxique pour notre langue s’infiltre dans les répondeurs, les services automatisés, la publicité et l’affichage de nos caisses populaires, s’étale sur les cartes d’affaires de leurs représentants et Desjardins l’exige de plus en plus maintenant des postulants à un emploi. Aussi, les plaintes commencent-elles à affluer.

En fait, c’est comme si le Mouvement Desjardins, ayant fait le plein de ses clients au Québec, s’était tourné vers le Canada pour agrandir son marché. Il faut alors faire patte de velours, n’est-ce pas, se «déquébécoiser» et penser canadian! En décembre dernier, Desjardins acquérait pour 443 millions $ le Western Financial Group, une compagnie d’assurances albertaine. Pourquoi pas? Les affaires sont les affaires,après tout.

Mais attention à l’effet pervers: le Québec, qu’Alphonse Desjardins et ses successeurs voulaient servir d’abord et avant tout, ne semble plus aujourd’hui aux yeux de la nouvelle direction qu’une simple région dans un territoire beaucoup plus vaste. Cette attitude explique sans doute le comportement du Mouvement Desjardins en 2008 dans le dossier de l’absorption de la Bourse de Montréal par celle de Toronto pour former le TMX Group.

Lire l’article dans le site Internet de Rue Frontenac


   Articles pertinents :