Jules Gagné | Le Patriote

Il y a deux ans*, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB) élargissait le mandat de sa Fondation Langelier, consacré à la promotion du français hors Québec, en créant la Fondation pour la langue française, avec mission de promouvoir le français tout autant au Québec qu’à l’extérieur.

Cette transformation a été ratifiée depuis par Revenu Canada et la nouvelle fondation bénéficie du statut d’organisme de bienfaisance pour les fins de l’impôt.

Rappelons les raisons de cette transformation et la stratégie de la Société: Quarante ans après la mise en vigueur de la loi 101, la langue française au Québec est toujours menacée par la force d’attraction de l’anglais, langue parlée par 350 millions de nos voisins nord-américains, qui est aussi la plus puissante langue d’affaires et de communications mondiale.

Le Québec ne disposait d’aucun « organisme de bienfaisance » (au sens de l’impôt) pour canaliser les dons du public vers des actions en faveur du français. Fer de lance traditionnel des avancées du peuple québécois, la Société St-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB) était la mieux placée pour donner au Québec un tel instrument majeur permettant de réaliser des projets porteurs visant le renforcement, l’avancement de notre langue commune.

Au lancement de la Fondation, les administrateurs, pour la plupart délégués par la SSJB, ont convenu d’ouvrir le Conseil à une majorité de personnalités externes ayant contribué de façon marquée au progrès du français et au financement de projets pour le Québec. La gestion de la Fondation a été confiée à la direction générale de la SSJB, afin que les fonds soient gérés comme ceux des autres fondations de la Société.

On a fixé provisoirement à 5 M $ l’objectif d’une première campagne de financement, ce qui devrait permettre de disposer d’environ 250 000 $ par an pour les projets, sans entamer le capital. Le premier projet majeur financé sera un Centre interculturel de francisation et d’immersion (incluant des groupes de pratique du français comme celui déjà existant à la Société). La Fondation veut aussi susciter des programmes d’excellence en enseignement du français ou s’y associer. Elle pourra contribuer à d’autres initiatives, au Québec et à l’extérieur.

Quelles étapes ont été accomplies depuis?
Après la réalisation d’un sondage montrant la nécessité de bien préparer le lancement public de la Fondation, celle-ci a décidé de rejoindre dans un premier temps les membres de la Société pour les sensibiliser à cette nouvelle fondation et les inciter à s’impliquer par un don planifié, c’est-à-dire un don s’inscrivant dans une planification fiscale, comme une police d’assurance-vie ou un legs testamentaire.

Cette démarche a été réalisée sous la direction d’une professionnelle spécialisée, Ève Montpetit, qui en même temps a monté les outils de base de la Fondation, dont son identification corporative, le site web et des brochures.

En tout, c’est plus d’une quarantaine de présentations de la Fondation et des dons planifiés qui ont été offertes au cours des dix-huit derniers mois, dont la majorité en collaboration avec les exécutifs de la plupart des dix-sept sections de la Société.

Jusqu’à maintenant, environ 75 % de nos membres ont été rejoints et le niveau d’intérêt pour la Fondation est très élevé. Des dons substantiels ont déjà été reçus lors de décès et les promesses formelles de dons s’élèvent à plus de 200 000 $. Dans ce domaine, on sait que la plupart des dons ne sont révélés
qu’après le décès.

Les rencontres au sujet de la Fondation ont souvent inclus des conférences sur la situation du français, données par Éric Bouchard, directeur général du Mouvement Québec français (MQF). À ce sujet, il importe de souligner que les liens et les différences entre la Fondation et le MQF ont été clarifiés, l’aspect revendication politique étant clairement du domaine du Mouvement et de son réseau des Partenaires pour un Québec français, au sein duquel sont réunis notamment les grands syndicats.

En ce qui concerne les dons immédiats, la Fondation a été extrêmement heureuse de bénéficier de deux contributions majeures sousforme d’actions de la part de donateurs anonymes et de quelques autres, totalisant déjà une valeur de plus d’un million de $. Ces fonds ont été placés et une faible partie a servi à couvrir les dépenses de démarrage, comme le souhaitaient les donateurs.

Prochaines étapes
Au cours de la dernière année, la Fondation a préparé le terrain en vue de la première campagne majeure.

Il a été convenu que cette campagne viserait surtout les personnes ayant déjà contribué ou démontré un intérêt pour l’avancement du français. Dans le secteur privé, de façon générale, on sollicitera plutôt les entrepreneurs que les entreprises.

En Comité restreint, sous la direction du président de la Fondation, on a identifié, avec l’aide d’une dizaine de leaders politiques et d’affaires, environ 200 personnes de tous les milieux qui seraient susceptibles de s’impliquer au sein de la Fondation: Conseil d’administration, Comité de campagne ou autrement.

Les instruments requis pour appuyer la campagne ont été montés. On est à peaufiner le système informatisé de gestion de base de données (type CRM) qui sera utilisé. Il reste à compléter la définition et la documentation des projets envisagés.

Le directeur général de la SSJB , Guy Raynault, a supervisé toutes les démarches réalisées. Le poste de directeur ou directrice du développement de la Fondation, la personne clé pour cette campagne, a été ouvert cet été et vient d’être comblé par madame Julie Gagné.

Au cours de l’automne 2017, les contacts seront pris avec une première brochette de « candidats », afin de former un groupe de travail formel qui finalisera le projet de campagne et conduira à l’élargissement du Conseil d’administration.

La conjoncture politique et sociale suscite présentement énormément d’intérêt pour tout ce qui touche le français à Montréal, au Québec et dans tout le Canada. Les personnes qui sont déjà informées sur la Fondation mettent beaucoup d’espoir en ce nouvel outil pour renforcer le français et tous sont invités à communiquer avec la Fondation à compter de la mi-septembre pour offrir leur participation ou contribution.

* Assemblée générale extraordinaire de la Fondation Langelier, tenue le 7 mai 2015.