4 novembre 1981 –
La « nuit des longs couteaux »

 

Lors du référendum de 1980 le premier ministre canadien, Pierre Elliott Trudeau, s’engage à ce qu’un vote pour le Non devienne un vote pour le changement.

Sitôt déclarée la victoire du Non, Trudeau mandate son ministre de la Justice, Jean Chrétien, de plancher sur divers scénarios constitutionnels. L’un de ces scénarios impliquait l’introduction d’une charte des droits qui restreindrait la capacité des provinces à légiférer en matière linguistique, provoquant l’ire du Québec. Québec prend donc la tête d’un front commun de huit provinces opposées à l’initiative de Trudeau.

En novembre 1981, les premiers ministres des provinces sont convoqués à Ottawa par Trudeau pour la conférence « de la dernière chance » dans le but justement de négocier le rapatriement de la constitution et l’enchâssement d’une charte des droits. Trudeau y propose à Lévesque une idée ingénieuse en soumettant le texte de la nouvelle constitution à un référendum pancanadien. Ce dernier accepte, ne se doutant pas qu’il s’agit en fait d’un piège.

En effet, Trudeau sait que l’idée d’un référendum répugne aux autres premiers ministres qui jamais n’y adhèreront. Le front commun des provinces se rompt aussitôt. Trudeau remporte son pari. Dans la nuit du 4 au 5 novembre, toutes les provinces sauf le Québec participent à un conciliabule secret à l’initiative de Jean Chrétien. La délégation du Québec, qui tenait à passer la nuit au Québec, n’y est pas conviée. Au matin du 5 novembre, René Lévesque découvre stupéfait qu’un accord historique a été conclu en l’absence de la délégation du Québec.

Finalement, le Canada rapatriera sa constitution sans l’accord du gouvernement du Québec. Quarante ans plus tard, la signature du Québec n’y apparaît toujours pas.

Pour en savoir plus :

Jean-François Lisée, Les longs couteaux, la vraie histoire, L’Actualité, 4 novembre 2001.