Guillaume St-Pierre | TVA Nouvelles

 

 

Une nouvelle méthode de calcul des minorités linguistiques annoncée jeudi par le gouvernement fédéral va bientôt faire grimper en flèche le nombre d’Anglo-québécois en droit de réclamer des services dans leur langue.

À l’heure actuelle, 13,5 % des Québécois sont considérés comme étant anglophones dans la province. La nouvelle formule que veut mettre en place Ottawa fera grimper à 19 % la part d’anglophones au Québec, selon les projections du fédéral en vertu du recensement de 2011.

Selon la nouvelle méthode, la proportion de francophones hors Québec passera quant à elle de 4 % à 5,4 % de la population.

Le changement vise à gonfler la part des minorités linguistiques afin qu’elles aient ainsi droit à plus de services fédéraux dans leur langue. Généralement, un seuil de 5 % doit être atteint afin de garantir ces services.

La ministre Mélanie Joly soutient que les communautés francophones seront les premiers bénéficiaires de l’initiative.

«Au niveau des anglophones au Québec, la réalité c’est qu’ils sont vraiment davantage concentrés dans la grande région de Montréal, a précisé la ministre du Tourisme Mélanie Joly. Ça va affecter peut-être quelques endroits en Gaspésie ou dans les Cantons de l’Est.»

Ainsi, 600 bureaux de services fédéraux deviendront bilingues au pays d’ici 2023, dont quelque 150 au Québec, comme des bureaux de poste.

Pour le Bloc québécois, l’initiative du gouvernement Trudeau va contribuer au recul du français au Québec.

«Plus on donne des subventions à la minorité anglophone, dont les institutions sont déjà surfinancées, [plus] on contribue à l’anglicisation du Québec», croit le député Mario Beaulieu.

«C’est une aberration de considérer les anglophones au Québec sur un pied d’égalité des communautés francophones et acadiennes», a-t-il ajouté.

Une source au gouvernement Trudeau tient à préciser que «l’objectif est d’offrir plus de services aux Canadiens qui pourraient en avoir besoin».

«Aucun service n’est retiré, au contraire on en ajoute pour près d’un million de Canadiens», a soutenu cette source.

 

 

 

 

 

SOURCE