Aux décideurs qui se prononceront sur le projet de Loi 96 présentement à l’étude détaillée en commission parlementaire,

Je suis déçue.
Nous sommes déçus.
Le mot est faible.
Déçue de voir notre gouvernement renoncer
à l’application de la Loi 101 au niveau collégial.

Cette mesure audacieuse et essentielle n’a pas reçu l’appui qu’elle méritait, et les élus s’y opposant ont selon nous manqué une opportunité de freiner le recul de français au Québec. Nous continuerons à vous démontrer que cette décision représente une grave erreur dans l’histoire moderne de notre nation.

 

Excellente décision

Je tiens malgré tout à souligner l’excellente décision de rendre obligatoire les cours de français dans les cégeps de langue anglaise.

Mais allons plus loin en appliquant ce principe aux programmes subventionnés des universités québécoises de langue anglaise.

Bien que l’enjeu des inégalités en termes de financement public entre les universités anglophones et francophones, au détriment de ces dernières, soit prioritaire, il ne faudrait pas perdre de vue que l’obligation proposée de rendre obligatoire la réussite de trois cours de français au cégep serait tout autant pertinente dans les universités de langue anglaise. Prenons l’exemple des étudiants en médecine qui obtiennent leur diplôme de l’Université McGill et qui au final décident de quitter le Québec car incapables de parler notre langue commune et officielle.

Il serait cohérent et respectueux à l’égard des contribuables québécois d’éviter ce gaspillage de talents et de fonds publics.

 

Le plus loin possible

Témoin des travaux de la commission, je constate que vous êtes plusieurs à vouloir protéger la langue française.

Je vous encourage à aller le plus loin possible dans vos aspirations pour assurer au français sa pérennité et faire en sorte que nous puissions vivre, communiquer et travailler dans cette si belle langue, au cours des prochaines décennies.

Pour le moment, aucune action significative pour mettre fin au recul du français n’a été prise. Oui, il y a des gains et nous saluons les nouvelles mesures.

Mais pour nager à contre-courant, vous le savez, il faut force, détermination et beaucoup de courage.

Au nom de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, je vous demande de faire preuve de force, de détermination et de courage pour protéger notre plus grande richesse, notre langue, notre français. Nous savons que vous pourrez y arriver !

Soyez du bon côté de l’histoire du français au Québec.

 

Marie-Anne Alepin,
Présidente générale, Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal